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Du basculement de la norme sexuelle


Vendredi 20 Février 2015




Dans la foulée de « 50 nuances de Grey » qui cartonne au cinéma, et plus étonnant, des révélations faites lors du procès du Carlton, un courant se dégage : la sexualité parasitée par le SM.


Du basculement de la norme sexuelle
Comme un glissement sémantique, la norme sexuelle serait en train de basculer. Inspirée, pour ne pas dire parasitée par le sadomasochisme et ses dérivés. Ce n’est pas moi qui le dit. Mais Yvane Wiart, chercheuse en psychologie. Elle a répondu à L’Express. En cause, une « mode » SM véhiculée par le succès, maintenant au cinéma, de 50 Shades of Grey, qui ferait bouger les lignes en matière de mœurs sexuelles. À voir.
 
La « norme » se laisserait bousculer par le SM. Dans un genre fourre-tout informel, on y mettrait aussi ce qui s’est dit lors du procès du Carlton de Lille. Ledit procès, paraît à mon sens, un peu trop récent pour avoir durablement modifié les comportements. Et pourtant, le prisme existe. Celui où se croisent les fantasmes générés par le film, le grand déballage du Carlton et point d’orgue, la Saint-Valentin, fête markettée s’il en est. Dans les faits, on a constaté une augmentation considérable des ventes de sex-toys, accessoires de type cravache ou lingerie dérivée du courant SM. L’esthétique aussi en a pris pour son grade.
 
À la fois, il faut en convenir, les journalistes n’y sont pas pour rien dans l’entreprise de vulgarisation. Ils ont jusqu’à écoeurement, pour certains, surfé sur cette vague de Fifty Shades en remettant couches après couches. En faisant un buzz légèrement fabriqué. Et ça a marché. Puisque une pratique réservée à une minorité a rencontré un si grand écho dans l'opinion publique. Et faut-il le préciser, majoritairement chez les femmes ?

Ce qui fait dire à la chercheuse en psychologie Yvane Wiart à L’Express : « Ai-je bien compris l'idée selon laquelle la marque de l'émancipation ultime des femmes serait qu'elles revendiquent le droit d'être soumises, d'être molestées, du moment que c'est un choix librement consenti ? Ou alors, dois-je imaginer que c'est l'homme dont la sexualité épanouie ne peut se trouver que dans l'humiliation, coaché par une dominatrice sans merci, qui après avoir porté la culotte, arbore aujourd'hui fièrement la cravache ? » Quelque part, on se demande si ce n’est pas un vaste enfumage pour faire vendre et créer du sensationnel. De l’intox en fin de compte.

Béatrix Foisil-Penther
Journaliste, rédactrice, conceptrice, auteur et literary scout. En savoir plus sur cet auteur



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