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Management : quand l’entreprise reconsidère la hiérarchie


Speedy Life
Mercredi 19 Mars 2014





Technologies connectées, évolution des mœurs, entrée en fonction d’une nouvelle génération d’actifs : tout semble concourir aujourd’hui à remettre en cause le rôle du manager. Ou plutôt à le redéfinir. Car si l’on observe, ça et là, l’apparition d’organisation du travail où l’autorité n’est plus la principale source de mobilisation des collaborateurs, la nécessité de poser des cadres à l’action collective n’en reste pas moins forte.


Photo : http://www.freedigitalphotos.net
Photo : http://www.freedigitalphotos.net
Le monde du management popularise chaque année un peu plus de pratiques rompant véritablement avec la tradition hiérarchique, voire dirigiste, qui marque la science des organisations depuis ses prémisses. Il est surprenant en effet de constater que l’« holacratie », le « management cellulaire », ou encore le « télétravail » placent l’autonomie des collaborateurs au centre de leur approche de l’organisation du travail.
 
La première entreprise à avoir popularisé le management par la responsabilisation de l’individu plutôt que par l’encadrement de la hiérarchie est sans aucun doute Ternary Software et son dirigeant Brian Robertson. Robertson mettra une dizaine d’années à théoriser son approche du management fondée sur l’égalité des collaborateurs et conçue comme une analogie de la démocratie. C’est à la suite de cette longue période de réflexion qu’il publie en 2010, sa Constitution de l’Holacratie.
 
Par la suite, des exemples emblématiques ont popularisé l’engouement autour des approches managériales alternatives. C’est notamment le cas de Morning Star. Cette entreprise du secteur de l’agroalimentaire est en effet bien connue puisqu’elle pèse à elle seule pour 40 % du marché américain de la transformation de tomate. C’est sans doute en raison de cette petite renommée qui a conduit les spécialistes en science de gestion, comme Gary Hamel, à s’intéresser à elle.
 
En 2011, ce dernier, chercheur à la London Business School, publiait en effet un article intitulé « Commençons par virer tous les managers ». Dans cet article, Gary Hamel détaille comment le contrôle social se substitue à l’autorité du chef dans cette entreprise qui a pris le parti de poser tous ses salariés sur un pied d’égalité et de ne les juger que sur la qualité du travail effectué. Cet article a sans nul doute décomplexé beaucoup d’autres entreprises et en a inspiré plus encore.
 
La France a également entamé sa conversion progressive à ces nouvelles conceptions de l’organisation du travail. La société lyonnaise Sogilis revendique par exemple une organisation en « cellules » opérationnelles autogérées. L’entreprise ne recrute que des éléments triés sur le volet et notamment retenus pour leur motivation, leur autonomie et leur intérêt pour les projets portés par l’entreprise. Ils sont par la suite intégrés sur consultation des collaborateurs qui jugent ainsi de la capacité des candidats à travailler en bonne intelligence avec eux au sein de leurs équipes respectives.
 
Et si l’abandon quasi total du lien hiérarchique n’est pas compatible avec le profil de toutes les entreprises, on compte de plus en plus de sociétés qui font évoluer leurs modalités de travail dans le sens d’une plus grande responsabilisation des collaborateurs. C’est notamment le cas d’AXA qui a planché sur la question du télétravail dès l’année 2007, avant d’en faire une pratique courante dans ses rangs. L’entreprise permet ainsi désormais aux salariés qui le souhaitent d’exercer leurs fonctions depuis chez eux jusqu’à deux jours par semaine à condition que cela ne constitue pas une entrave au déroulement normal de leur activité. Les managers et leurs équipes y ainsi gagnent en confort tant du point de vue personnel et professionnel. À condition toutefois de se montrer digne de la confiance de l’autre.




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