2 retraités sur 3 jugent que leur pouvoir d’achat a reculé

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Retraite pension 2026
Au 1ᵉʳ janvier 2026, les pensions de retraite de base seront revalorisées de 0,9%. | Speedy life

Le 10 avril 2025, une étude conjointe menée par Silver Alliance et CSA Research a mis en lumière une problématique structurelle du système de retraite français : le pouvoir d’achat des retraités. Réalisée entre le 14 et le 24 février auprès de 610 personnes âgées de 65 ans et plus, cette enquête dresse un portrait actualisé de la situation économique des seniors. À travers une série de données détaillées, elle révèle notamment le montant moyen mensuel supplémentaire que les retraités jugent nécessaire pour vivre correctement : 531 euros.

Des revenus stables, mais une pression budgétaire croissante

Selon les résultats de l’étude, 67 % des retraités interrogés estiment que leur pouvoir d’achat a baissé depuis leur départ à la retraite, et 59 % craignent une dégradation supplémentaire dans les années à venir.

Malgré une revalorisation des pensions de base de 2,2 % au 1er janvier 2025, prévue dans le budget de la Sécurité sociale, l’augmentation des revenus reste inférieure à l’évolution du coût de la vie. En moyenne, les retraités ont vu leur revenu croître de 122 euros en un an, mais leurs dépenses ont également progressé, de 60 euros par mois, selon les données collectées par l’enquête et relayées par Le Parisien. Ainsi, bien que les pensions soient officiellement indexées sur l’inflation, la hausse des prix — notamment en matière d’alimentation, de santé et d’énergie — est ressentie de manière plus marquée chez les retraités, dont les ressources sont généralement plus rigides.

Le profil budgétaire des retraités : entre dépenses contraintes et épargne ciblée

L’étude de Silver Alliance met également en évidence la répartition des dépenses chez les retraités. En moyenne, un foyer consacre 1 842 euros par mois à ses charges courantes, tandis que son revenu moyen s’élève à 2 524 euros. Les principaux postes de dépense sont :

  • l’alimentation (26 %),
  • les impôts (11 %),
  • le logement (9 %),
  • la santé (9 %).

En parallèle, 56 % à 60 % des retraités parviennent encore à épargner, à raison de 231 euros mensuels en moyenne. Cette capacité à épargner varie cependant considérablement selon les situations patrimoniales et familiales.

L’enquête souligne que 74 % des retraités sont propriétaires de leur logement, ce qui constitue un facteur important dans la maîtrise du budget mensuel. Pour les 26 % restant locataires, le loyer moyen atteint 609 euros par mois, une charge significative dans un contexte de revenu stable.

Le ressenti : 531 euros manquants pour vivre sereinement

L’un des résultats les plus commentés de cette enquête réside dans le montant moyen que les retraités estiment manquer chaque mois pour vivre « convenablement » : 531 euros.

Ce chiffre varie selon les situations :

  • 438 euros pour une personne seule,
  • 597 euros pour un couple.

Ce besoin ressenti est influencé par plusieurs facteurs : le lieu de résidence, les charges fixes, la santé, mais aussi la volonté de maintenir une vie sociale active (loisirs, sorties, voyages, aide familiale). Ainsi, 16 % des retraités continuent à soutenir financièrement leurs enfants ou petits-enfants, à hauteur de 300 euros mensuels en moyenne.

Une autre donnée révélée par l’étude concerne l’accès aux soins. 30 % des retraités ont déclaré avoir renoncé à certains soins médicaux au cours de l’année écoulée, principalement les soins dentaires (79 %), l’optique (45 %), et les médecines douces (30 %).

Une population lucide, mais encore relativement protégée

Il est important de souligner que les retraités français, dans leur ensemble, bénéficient encore d’un niveau de vie relativement stable par rapport à d’autres catégories de la population. L’accès à la propriété, les effets de l’épargne antérieure et la stabilité des pensions permettent à une majorité de retraités de maintenir un certain équilibre. Cependant, l’étude pointe également une inquiétude croissante : 75 % des retraités se disent préoccupés par leur avenir financier, notamment en raison des incertitudes budgétaires nationales et du vieillissement de la population.

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