Temu : Une large majorité de produits seraient dangereux

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En mai 2024, BEUC a déposé une plainte formelle contre Temu pour violation des lois européennes sur la sécurité des produits et les services numériques.

Des prix défiant toute concurrence, une application omniprésente, des millions d’achats en ligne… Temu, géant chinois du commerce électronique, s’est imposé en Europe en un temps record. Mais derrière ces offres alléchantes, une autre réalité émerge : des produits dangereux, non conformes aux réglementations européennes et susceptibles de mettre en péril la sécurité des consommateurs. Jouets toxiques, appareils électriques à haut risque, cosmétiques aux ingrédients douteux… La liste des infractions s’allonge, et les autorités commencent à réagir.

Temu, une marketplace incontrôlée où la sécurité passe après le profit

Le 3 février 2025, le Bureau Européen des Unions de Consommateurs (BEUC) a publié un rapport accablant sur la sécurité des produits vendus sur Temu, une marketplace chinoise en pleine expansion. En parallèle, le 11 février 2025, l’UFC-Que Choisir a tiré la sonnette d’alarme : 81 % des produits testés sur Temu ne respectent pas la réglementation européenne. Une situation d’autant plus préoccupante que ces produits continuent d’affluer sans contrôle sur le marché européen.

Une plateforme qui échappe aux règles européennes

Depuis son arrivée en Europe en 2023, Temu s’est imposée comme l’une des applications les plus téléchargées, attirant les consommateurs avec des prix défiant toute concurrence. Mais cette politique du « low-cost à tout prix » a un revers : l’absence quasi totale de contrôle sur la qualité et la sécurité des produits vendus.

Les tests menés en Danemark, Italie et Royaume-Uni montrent une violation systématique des normes de sécurité européennes :

  • Jouets et articles pour bébés : 86 % des produits testés ne respectaient pas les normes de sécurité (pièces trop petites, produits toxiques).
  • Cosmétiques : 42 % des articles analysés présentaient des listes d’ingrédients erronées ou absentes, augmentant le risque d’allergies et d’effets indésirables.
  • Produits électriques : 100 % des appareils testés étaient dangereux (risques d’électrocution, de court-circuit ou d’incendie).
  • Produits en contact avec les aliments : 56 % contenaient des substances chimiques interdites en Europe.
Catégorie de produitTaux de non-conformitéProblèmes identifiés
Jouets43 % à 86 %Pièces détachables, toxines interdites (borates, phtalates), absence de labels CE.
Produits électriques100 %Risques d’électrocution, de surchauffe, d’incendie.
Cosmétiques42 % à 87 %Ingrédients non conformes, absence de mentions obligatoires.
Articles pour bébés86 %Risques d’étouffement, produits toxiques.

Un risque pour les consommateurs et une concurrence déloyale

En vendant des produits qui ne respectent pas les normes européennes, Temu contourne la législation et met en péril la sécurité des consommateurs. Contrairement aux vendeurs européens, qui doivent se conformer aux règles strictes de l’Union européenne, les fournisseurs chinois opérant sur Temu échappent à ces obligations.

Les autorités douanières européennes ne disposent actuellement pas des moyens suffisants pour stopper l’afflux massif de produits dangereux. Résultat ? Des millions de colis passent les frontières sans inspection. Un article interdit dans un magasin européen peut être vendu en toute impunité sur Temu et expédié directement en France, en Allemagne ou en Italie.

UFC-Que Choisir demande donc des actions immédiates :

  1. Un renforcement des contrôles douaniers pour bloquer l’importation de produits non conformes.
  2. Une réglementation plus stricte sur les marketplaces pour rendre Temu responsable des produits qu’elle vend.
  3. Des sanctions sévères contre la plateforme pour non-respect du Digital Services Act et des lois européennes de protection des consommateurs.

Temu ciblée par une enquête de la Commission européenne

En mai 2024, BEUC a déposé une plainte formelle contre Temu pour violation des lois européennes sur la sécurité des produits et les services numériques. Cette plainte a conduit la Commission européenne à ouvrir une enquête, toujours en cours en février 2025.

Cependant, aucune sanction immédiate n’a été prise contre Temu, qui continue de prospérer sur le marché européen. Pendant ce temps, les consommateurs restent exposés à des produits présentant potentiellement des risques sanitaires et de sécurité.

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