Vin, bière, spiritueux : que boivent vraiment les Français en 2025 ?

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Quel est l'alcool préféré des Français en 2024 ?
Vin, bière, spiritueux : que boivent vraiment les Français en 2025 ? © Speedy life

La France boit toujours. Mais elle ne boit plus comme avant. Elle teste, elle questionne, elle s’informe.

Le 25 mars 2025, le Baromètre SOWINE/Dynata a dévoilé ses résultats annuels, dressant un panorama aussi fascinant qu’inquiétant des pratiques de consommation d’alcool en France. Une photographie haute définition de ce que les Français boivent, quand, pourquoi — et parfois, pourquoi ils préfèrent ne plus boire du tout. À l’heure où les autorités sanitaires martèlent leurs recommandations et où les risques pour la santé se précisent, la France continue de vaciller entre plaisir du verre et poids des conséquences.

Le vin : roi de l’alcool en France

En 2025, le vin reste la boisson alcoolisée préférée des Français (58 %), juste devant la bière (56 %), selon le Baromètre SOWINE/Dynata 2025. Mais cette hégémonie cache un mouvement plus profond : la consommation d’alcool évolue, et les lignes bougent. Le vin enregistre une baisse de 2 points par rapport à 2024, tout comme la bière. Le champagne et les cocktails chutent de 4 points. En revanche, le cidre (+3 pts), les spiritueux purs (+1 pt) et les vins effervescents (+1 pt) séduisent davantage. Une redistribution silencieuse mais révélatrice.

Ce déclin est plus marqué chez les femmes : -6 points pour le vin, -3 pour la bière. À l’inverse, les hommes affichent une hausse de 3 points pour le vin. Chez les jeunes (18-25 ans), le vin gagne 6 points, le cidre 7, et les spiritueux purs 4. Une génération qui découvre autrement, loin des poncifs viticoles. Et ce n’est pas tout. Pour la première fois, « le vin devient la boisson alcoolisée préférée chez les jeunes de 18 à 25 ans. La bière, qui était première jusque-là, se fait non seulement surclasser par le vin mais aussi par les cocktails », observe Marie Mascré, co-fondatrice de SOWINE.

La consommation d’alcool reste problématique en France

Les résultats du baromètre tombent malgré les recommandations sanitaires. Santé publique France alerte : « Pour votre santé, l’alcool c’est maximum deux verres par jour, et pas tous les jours » (Santé publique France, De nouveaux repères de consommation d’alcool, janvier 2020). Or, selon la même agence, 23,7 % des Français de 18 à 75 ans dépassaient ces repères en 2020. Ce n’est pas une exception marginale : c’est une habitude nationale.

Et les conséquences sont glaçantes. L’alcool est responsable de 41 000 décès par an en France. Maladies cardiovasculaires, cancers, pathologies hépatiques… le coût humain est considérable. Sans parler des 30 % des accidents mortels de la route liés à l’alcool. La montée de la non-consommation (17 %, +3 pts en un an) prend alors une autre résonance. Chez les jeunes, elle atteint 22 %. Un repli qui n’est pas moral, mais pragmatique : santé, maîtrise de soi, besoin de lucidité.

Les Français ne voient toujours pas les dangers de l’alcool

Comment expliquer qu’autant de Français continuent à dépasser les seuils à moindre risque ? La réponse tient sans doute dans le rapport culturel, presque sacré, à l’alcool. Le vin reste associé au repas (65 %), le champagne aux célébrations, le cocktail au relâchement entre amis. Une codification sociale puissante, qui rend les recommandations sanitaires presque inaudibles.

Et pourtant, même dans le monde du vin, les signaux de réinvention sont là. La consommation baisse chez les femmes (-5 pts) et chez les 36-49 ans (-7 pts). L’achat se tourne vers le haut-de-gamme : 25 % des acheteurs dépensent plus de 20 euros par bouteille (+3 pts). La région d’origine devient plus importante que le cépage. Les formats alternatifs (canette, BIB) séduisent. Le vin orange, inconnu il y a encore peu, est déjà goûté par 26 % des Français. Le vin nature divise mais intrigue. L’expérience l’emporte sur l’étiquette. Le goût devient terrain de jeu, pas simple tradition.

Les boissons alcoolisées se réinventent pour séduire les jeunes

Autre bouleversement majeur : la progression des boissons sans alcool ou à faible teneur en alcool, les « no-low ». En 2025, 32 % des Français en consomment (+4 pts). Chez les 18-25 ans ? 51 %. Le vin no-low explose (+7 pts), mais laisse perplexe : 45 % des consommateurs n’en sont pas satisfaits. Les spiritueux sans alcool, en revanche, gagnent 4 points. Et la fidélité à ces produits est impressionnante : 85 % déclarent racheter fréquemment les mêmes marques. La mixologie, elle, s’installe. Rhum, vodka, tequila : les habitudes changent, les recettes se diversifient.

Et pendant ce temps, le panier moyen s’élève (21 à 50 euros pour 48 % des acheteurs), les certifications environnementales deviennent un critère clé (41 % les regardent avant d’acheter). Le secteur ne se contente plus de vendre de l’ivresse : il vend du sens.

La France boit toujours. Mais elle ne boit plus comme avant. Elle teste, elle questionne, elle s’informe. Derrière chaque bouteille, une hésitation : plaisir ou danger ? Chez les jeunes, la transition est amorcée. Chez les autres, elle tâtonne.

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