Selon une étude publiée le 3 avril 2025 par la néo-assurance Leocare, 46 % des Français déclarent arbitrer entre déclarer ou non un sinistre en fonction de ses conséquences sur leur contrat. Plus encore, 30 % affirment avoir déjà renoncé à signaler un dommage à leur assurance, principalement par peur d’une augmentation de leur cotisation.
Un effet direct de l’inflation sur le comportement des assurés
Cette décision concerne majoritairement des dommages jugés mineurs, tels qu’un impact de gravillon sur un pare-brise (46 % des conducteurs concernés) ou un accrochage avec un trottoir (59 %). Côté habitation, 49 % évoquent une infiltration d’eau non déclarée et 58 % une panne d’appareil électroménager non signalée.
Dans un contexte marqué par l’augmentation du coût de la vie, les Français adaptent leur usage de l’assurance. L’étude cite des hausses de 8 à 12 % pour les primes d’assurance habitation et de 4 à 6 % pour l’automobile (source : étude Leocare, janvier 2025). Ces chiffres conduisent certains assurés à limiter l’usage de leur couverture pour éviter toute répercussion tarifaire.
Interrogés sur leurs pratiques, 21 % des sondés admettent être tentés de surestimer les montants des dégâts pour obtenir un meilleur remboursement. Cette tendance monte à 20 % en Île-de-France, signe d’un rapport plus tendu à l’assurance dans les zones urbaines.
Une fraude à l’assurance limitée mais présente
La fraude reste une pratique minoritaire. L’étude indique que 89 % des Français n’ont jamais fraudé. Les formes de fraude les plus fréquentes concernent :
- la fourniture de fausses factures (8 %),
- la souscription après sinistre (10 %),
- et la surestimation volontaire des dommages (11 % au niveau national).
Ce type de pratiques, bien que marginal, peut entraîner des sanctions lourdes : résiliation du contrat, poursuites judiciaires, et inscription au fichier des fraudeurs, limitant l’accès à de nouveaux contrats d’assurance.
Des freins administratifs persistants
Outre les aspects économiques, les assurés invoquent des raisons pratiques pour expliquer leur renoncement. 65 % trouvent les démarches trop lourdes, 50 % pointent des délais de traitement trop longs, et 32 % jugent les expertises sur place contraignantes.
Par ailleurs, 66 % des assurés déclareraient plus volontiers leurs sinistres si la prime n’était pas ajustée en fonction du nombre d’incidents signalés, ce qui souligne l’effet dissuasif de ce mode de calcul.
©speedylife
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