Un livre pour adultes dans un pays infantilisé.
Il y a deux façons de parler de la France. La première consiste à empiler des rapports, des chiffres, des diagnostics technocratiques que plus personne ne lit. La seconde consiste à raconter la réalité, sans jargon, sans anesthésie, sans faux-fuyants. Le grand-père et le président appartient clairement à la seconde catégorie.
Xavier Fontanet ne propose ni un programme électoral ni un essai économique de plus. Il met en scène une conversation brutale de simplicité entre deux générations :
– un grand-père industriel, enraciné dans le réel, la production, la concurrence mondiale;
– un petit-fils devenu président de la République, formé par l’État, ses cabinets, ses réflexes administratifs.
Ce dispositif n’est pas littéraire. Il est politique.
Car ce livre pose une question que l’on n’ose plus formuler clairement : la France est-elle encore gouvernée à partir du réel, ou à partir d’un logiciel idéologique obsolète ?
Au fil des dialogues, Fontanet démonte méthodiquement les illusions françaises :
– l’idée que la dépense publique crée mécaniquement de la richesse,
– la croyance dans un État-providence sans limites,
– la confusion entre égalité et nivellement,
– l’oubli complet de la compétitivité, de l’attractivité et du rapport de force mondial.
Mais l’intérêt du livre est ailleurs.
Il ne s’agit pas d’un pamphlet anti-État. C’est au contraire un plaidoyer pour un État recentré, efficace, légitime, qui cesse de tout faire pour enfin faire l’essentiel : le régalien, la sécurité, la justice, la souveraineté.
Dans un pays où l’on parle beaucoup de “valeurs” mais très peu de responsabilités, ce livre fait figure d’exception. Il traite le lecteur comme un adulte, capable d’entendre que tout modèle a un coût, que tout choix implique des renoncements, et que le réel finit toujours par se rappeler à ceux qui l’ignorent.
Lire Le grand-père et le président, c’est accepter de sortir du confort des slogans. C’est aussi, peut-être, commencer à se demander pourquoi tant de réformes “nécessaires” semblent toujours impossibles en France… alors qu’elles ont été menées ailleurs.

©speedylife
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