Le saviez-vous ? Après un AVC, conduire nécessite un examen médical

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Après un AVC, reprendre le volant ne relève pas d’une simple décision personnelle. En France, la conduite est strictement encadrée par la loi : un examen médical est obligatoire pour évaluer les capacités du conducteur. Une démarche méconnue, pourtant essentielle pour la sécurité de tous.

Chaque année, près d’un AVC survient toutes les quatre minutes en France, selon les données associatives. Lorsque l’urgence médicale est passée et que la rééducation progresse, une question revient presque toujours : peut-on à nouveau conduire après un AVC ? Depuis l’arrêté du 31 août 2010, la réponse ne relève plus de l’appréciation personnelle. La reprise du volant est strictement encadrée par un examen médical obligatoire, placé sous l’autorité de la préfecture, afin de concilier autonomie retrouvée et sécurité routière.

Après un AVC, pourquoi la conduite est-elle strictement réglementée ?

Après un AVC, les séquelles ne sont pas toujours immédiatement visibles. Pourtant, même en l’absence de paralysie ou de troubles moteurs manifestes, des altérations plus discrètes peuvent persister. Ainsi, des difficultés de concentration, une baisse de l’attention ou des troubles visuels peuvent compromettre la conduite, parfois sans que la personne concernée en ait pleinement conscience. C’est précisément pour prévenir ce risque silencieux que le législateur a rendu l’examen médical obligatoire après un AVC.

Par ailleurs, la réglementation repose sur un principe simple mais fondamental : la sécurité collective prime sur la liberté individuelle. Le code de la route et les textes réglementaires considèrent qu’un conducteur ayant subi un AVC doit prouver sa capacité à conduire sans danger. Selon l’arrêté du Journal officiel, toute personne concernée doit se soumettre à un contrôle médical avant toute reprise de la conduite, indépendamment de son âge ou de la gravité apparente de l’accident vasculaire. Cette position est également rappelée par les associations de patients, notamment France AVC, qui insistent sur l’importance d’une évaluation individualisée.

Le parcours médical pas-à-pas pour pouvoir conduire à nouveau

Dans les faits, le parcours est clairement balisé. Après un AVC, le conducteur doit prendre rendez-vous avec un médecin agréé par la préfecture. Ce point est crucial, car le médecin traitant, même s’il connaît bien le patient, n’est pas habilité à délivrer cet avis. Lors de l’examen médical, le praticien analyse l’état neurologique global, mais aussi toutes les fonctions indispensables à une conduite sûre.

Cependant, l’évaluation ne se limite pas à un simple entretien. Selon la situation, le médecin peut prescrire des examens complémentaires, notamment des tests neuropsychologiques. Ces évaluations permettent d’apprécier la mémoire, l’attention, la capacité à gérer plusieurs informations simultanément ou à réagir rapidement à un imprévu sur la route. D’après les données issues de centres spécialisés, entre 30 % et 50 % des personnes ayant subi un AVC présentent encore des troubles cognitifs persistants, parfois plusieurs mois après l’événement. Autant d’éléments qui peuvent peser lourdement sur la conduite, même lorsque la récupération physique semble satisfaisante.

Quels risques en cas de non-respect ?

À l’issue de l’examen médical, plusieurs scénarios sont envisageables. La préfecture peut autoriser la reprise normale de la conduite après un AVC, lorsque les capacités sont jugées compatibles avec une conduite sans danger. Dans d’autres cas, l’autorisation peut être limitée dans le temps, avec l’obligation de repasser régulièrement un contrôle médical. Des restrictions spécifiques peuvent également être imposées, afin de tenir compte de certaines fragilités persistantes.

En revanche, lorsque les séquelles de l’AVC sont jugées incompatibles avec une conduite sécurisée, l’aptitude à conduire peut être refusée. Une décision souvent difficile à accepter, mais qui vise à éviter des accidents aux conséquences potentiellement dramatiques. Surtout, ignorer cette obligation légale expose à des risques considérables. En cas d’accident, l’absence d’examen médical préalable peut entraîner une remise en cause des garanties d’assurance. Les associations et les autorités sanitaires rappellent régulièrement que reprendre la conduite après un AVC sans autorisation constitue à la fois un risque juridique, financier et humain majeur, selon les informations diffusées par France AVC en 2024.

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