Les Français toujours accros aux viennoiseries

S’il y a une vérité que cette étude confirme, c’est que le croissant n’est pas un vestige du passé.
À l’occasion de la Journée Nationale du Petit Déjeuner, célébrée le 9 juin 2025, la Fédération des Entrepreneurs de Boulangerie (FEB) a dévoilé les résultats d’une enquête menée avec l’Ifop. Ce baromètre, inédit par sa finesse d’analyse, révèle la place centrale occupée par la viennoiserie dans la vie quotidienne des Français, bien au-delà des clichés. Car s’il y a une vérité que cette étude confirme, c’est que le croissant n’est pas un vestige du passé.
Viennoiserie : une passion nationale qui ne faiblit pas
S’ils devaient choisir une gourmandise pour bien commencer leur journée, 38 % des Français consomment une viennoiserie au moins une fois par semaine. Un chiffre déjà significatif, mais presque timide en comparaison des 18-24 ans, dont 59 % dégustent ces pâtisseries feuilletées chaque semaine. Autrement dit, plus d’un jeune adulte sur deux démarre sa journée avec une viennoiserie très régulièrement.
Les chiffres sont éloquents et résistent au temps. En 2019 déjà, une étude similaire de l’Ifop révélait que 98 % des Français considéraient le croissant comme un symbole de leur culture. Ce constat n’a pas pris une ride. En 2025, il ne fait plus débat : les viennoiseries s’imposent comme un marqueur culturel et alimentaire transversal, indifférent aux générations. « Savourer des viennoiseries est une habitude bien ancrée », affirme le communiqué de presse de la FEB publié le 12 mai 2025.
Mais il y a une nouveauté, un glissement léger dans les pratiques. La viennoiserie s’invite désormais à l’heure du goûter. Cette évolution est particulièrement marquée chez les plus jeunes. Plus d’un quart des 18-24 ans préfèrent s’offrir un pain aux raisins ou un chausson aux pommes en milieu d’après-midi.
Boulangerie ou supermarché : le dilemme de l’achat éclair
La boulangerie conserve sa place de bastion : 72 % des Français privilégient ce point de vente pour leurs viennoiseries. Pourtant, 25 % d’entre eux optent désormais pour les rayons boulangerie des supermarchés. Pourquoi ? Le prix, bien sûr. Mais aussi la praticité. « Si la boulangerie reste le lieu de prédilection pour acheter des viennoiseries, la part des ventes en supermarché continue de progresser. Ce phénomène traduit l’évolution des attentes des consommateurs, qui recherchent à la fois qualité, accessibilité et praticité », souligne Paul Boivin, Délégué Général de la FEB.
Ce glissement vers le prêt-à-consommer, à emporter, soulève une question stratégique pour le secteur : comment conjuguer authenticité et accessibilité sans perdre l’âme du produit ? Car derrière la vitrine des chaînes se joue aussi la survie des artisans et des petites structures régionales. L’enjeu est de taille : la boulangerie-viennoiserie-pâtisserie (BVP) représente aujourd’hui près de 9 milliards d’euros de chiffre d’affaires, dont 3 milliards à l’export. C’est plus de 53 000 salariés, répartis dans près de 180 ateliers de production et plus de 2000 points de vente.






