Le phénomène concerne un nombre très élevé de personnes. Selon une étude OpinionWay publiée en février 2026, 42 % des patients atteints de maladies chroniques déclarent avoir oublié ou interrompu leur traitement au moins une fois au cours de l’année. Ce constat a été rappelé le 9 mars 2026 par plusieurs spécialistes réunis à Paris lors du salon MedInTechs. Pour les médecins, ce décrochage thérapeutique représente aujourd’hui un problème de santé publique important.
Les maladies chroniques concernent des pathologies qui nécessitent un traitement prolongé, parfois à vie. C’est notamment le cas de l’hypertension, des maladies cardiovasculaires, de certains cancers ou encore des maladies neurodégénératives comme Parkinson ou Alzheimer, selon TF1 Info. Dans ces situations, la régularité des prises de médicaments joue un rôle essentiel pour stabiliser la maladie et éviter les complications.
Pourquoi les patients atteints de maladies chroniques oublient leur traitement
La première raison évoquée par les patients est simple : l’oubli. L’étude OpinionWay souligne que ces oublis sont souvent involontaires et liés à la vie quotidienne. L’institut résume la situation en indiquant que « l’oubli est massif et largement involontaire », selon OpinionWay.
La gestion d’un traitement peut devenir une contrainte dans la vie de tous les jours. Selon l’étude, 40 % des patients estiment que leur traitement influence fortement l’organisation de leur journée. Dans le même temps, 39 % reconnaissent qu’ils ont parfois du mal à respecter les prescriptions médicales telles qu’elles sont prévues, toujours selon OpinionWay.
La complexité de certains traitements joue aussi un rôle important. Dans certaines maladies, les patients doivent prendre plusieurs médicaments à différents moments de la journée. Des experts cités par Boursorama via l’AFP évoquent même des traitements pouvant aller jusqu’à dix comprimés par jour.
Le moment où le traitement commence est particulièrement délicat. L’étude indique que 67 % des interruptions concernent des patients traités depuis moins d’un an. Une fois les habitudes installées, le suivi devient généralement plus régulier : cette proportion tombe à 38 % chez les patients suivis depuis plus longtemps, selon OpinionWay.
Les conséquences quand le traitement est interrompu
Ne pas prendre son traitement correctement peut avoir des conséquences importantes. Les médecins expliquent que les médicaments prescrits dans les maladies chroniques agissent souvent sur le long terme. Une prise irrégulière peut donc réduire leur efficacité et favoriser la progression de la maladie.
Le professeur Gérard Friedlander décrit plusieurs comportements fréquents : certains patients sautent une prise, diminuent les doses ou interrompent leur traitement pendant quelques jours. Selon lui, ces pratiques peuvent entraîner des conséquences sanitaires « catastrophiques », selon TF1 Info.
Dans certains cas, l’arrêt du traitement intervient même avant la première prise. Le professeur Michel Azizi rappelle ainsi que « 20 % ne vont pas acheter la première prescription » dans l’hypertension artérielle, cité par CNEWS. Autrement dit, une partie des patients renonce au traitement dès le départ. Les spécialistes soulignent que ces interruptions peuvent provoquer des aggravations de maladies, des rechutes ou des hospitalisations supplémentaires. Pour les patients, cela peut signifier un retour des symptômes ou une dégradation de l’état de santé.
Comment mieux suivre son traitement au quotidien
Face à ces difficultés, plusieurs solutions simples peuvent aider les patients à mieux suivre leur traitement. L’étude OpinionWay montre que certains outils sont déjà utilisés pour éviter les oublis. Le pilulier reste la méthode la plus répandue : 28 % des patients s’en servent pour organiser leurs prises de médicaments, selon OpinionWay. Les rappels sur téléphone sont également utiles. Environ 12 % des patients utilisent des alarmes pour se souvenir de leurs médicaments, tandis que 4 % ont recours à une application dédiée.
Les professionnels de santé insistent également sur l’importance du dialogue avec les médecins et les pharmaciens face aux maladies chroniques. Pour le cardiologue Jean-François Thébaut, un traitement est mieux suivi lorsque le patient comprend bien sa maladie et l’utilité des médicaments. Il évoque ainsi la nécessité d’un « dialogue important prolongé », cité par CNEWS.
Aujourd’hui, certains spécialistes préfèrent d’ailleurs parler d’adhésion thérapeutique plutôt que d’observance. Le média spécialisé VIDAL explique que cette notion met davantage l’accent sur la participation du patient à son traitement et sur la compréhension des soins, selon VIDAL.
©speedylife
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