Observer la biodiversité depuis l’espace : la NASA passe à l’action

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La biodiversité s’effondre et les méthodes traditionnelles de suivi montrent leurs limites. Et si la solution venait de l’espace ? La NASA, en partenariat avec des chercheurs internationaux, veut utiliser des satellites pour surveiller les écosystèmes à grande échelle.

L’expérience BioSCape : premier pas vers l’observation spatiale

Le projet BioSCape repose sur une idée simple : si l’on peut observer la biodiversité depuis un avion, pourquoi ne pas le faire depuis l’espace ? C’est ce qu’a voulu tester la NASA avant de financer le développement de satellites spécialisés. Pendant six semaines, trois avions équipés de capteurs avancés ont survolé la région floristique du Cap. Les scientifiques ont analysé les écosystèmes terrestres, marins et d’eau douce sous différents spectres de lumière, de l’ultraviolet au thermique. Ces données ont ensuite été comparées avec des relevés de terrain pour en vérifier la fiabilité.

Pour Erin Hestir, professeure en génie civil et environnemental et co-autrice de l’étude, cette campagne marque un tournant : « On a réussi à atteindre tous nos objectifs de mesures et les données collectées participent à créer de nouvelles techniques et méthodes pour étudier la biodiversité depuis l’espace. C’est passionnant. »

La région floristique du Cap a été choisie avec soin. Ce territoire sud-africain, reconnu comme l’un des plus riches en biodiversité au monde, constitue un terrain d’expérimentation idéal. En analysant cet environnement fragile, les scientifiques espèrent mieux comprendre comment les écosystèmes réagissent aux changements climatiques et aux activités humaines.

Pourquoi la NASA mise sur l’espace pour surveiller la biodiversité ?

L’idée d’utiliser des satellites pour suivre l’état des écosystèmes n’est pas nouvelle, mais elle a longtemps été jugée trop coûteuse et imprécise. Aujourd’hui, face à l’effondrement accéléré de la biodiversité, cette approche devient incontournable. Les méthodes actuelles, comme les relevés terrestres, permettent une grande précision mais restent limitées en termes d’échelle et de rapidité. Les observations par drones ou avions offrent une bonne couverture, mais ne permettent pas un suivi continu sur de vastes zones. L’observation spatiale, elle, pourrait combiner le meilleur des deux mondes en assurant une surveillance globale et permanente.

Toutefois, un tel projet nécessite des investissements considérables. Le développement et le lancement d’un satellite spécialisé coûtent des centaines de millions d’euros, une somme que peu de gouvernements sont prêts à débourser sans garanties solides. Pour Jasper Slingsby, professeur à l’Université du Cap et co-directeur du projet, cette précaution est essentielle : « Lancer un satellite dans l’espace coûte cher. Il faut être certain que cela donnera des résultats avant de sauter le pas. C’est pour ça qu’on a commencé avec des avions, cela sert de preuves. »

En cas de succès, un tel satellite permettrait de suivre en temps réel l’évolution des écosystèmes, de détecter rapidement les dégradations environnementales et de fournir aux scientifiques des données précieuses pour la conservation des espèces. L’objectif serait aussi de rendre ces données accessibles à l’ensemble de la communauté scientifique, afin de favoriser une approche collaborative et d’accélérer les avancées en matière de protection de la biodiversité.

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