Quel est le nombre d’enfants idéal pour votre santé mentale ?

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Voici le nombre d'enfants idéal pour la santé mentale des femmes selon les psychologues
Quel est le nombre d’enfants idéal pour votre santé mentale ? © Speedy life

Une étude révèle qu’avoir deux enfants pourrait réduire de 30 % le risque de dépression chez les mamans. Mais qu’en est-il des choix personnels ? Découvrez des insights surprenants sur la parentalité et le bien-être des femmes.

La question du nombre d’enfants qui serait le mieux pour le bien-être mental des femmes fait de plus en plus parler d’elle, surtout à une époque où les inégalités entre les sexes restent bien présentes. Une étude récente publiée dans le Journal of Affective Disorders par des chercheurs de l’Université de Soochow jette un regard nouveau sur la façon dont le nombre d’enfants pourrait se répercuter sur la parentalité et bien-être des femmes. En s’appuyant sur une analyse détaillée des données de plus de 55 000 femmes issues de la UK Biobank, cette recherche nous offre des éléments intéressants sur un sujet souvent laissé de côté.

Inégalités et moral

Même si on a bien avancé en matière d’égalité entre les sexes, les femmes continuent de se heurter à des obstacles particuliers qui nuisent à leur bien-être psychique. D’après le baromètre « Les Français.es et leur bien-être mental » publié par l’IFOP pour la fondation Aesio en septembre 2024, 26 % des femmes cataloguent leur santé mentale comme moyenne ou mauvaise, contre seulement 14 % des hommes. Ce constat est encore plus inquiétant chez les jeunes de moins de 35 ans, avec 30 % de jeunes femmes qui déclarent avoir des soucis psychiques, comparativement à 12 % chez les hommes du même âge.

Parmi les raisons de ces différences, on retrouve non seulement des éléments biologiques mais aussi une pression sociétale qui ne fait qu’augmenter les difficultés. Les tâches ménagères jouent également un rôle important : l’Insee indique que les femmes passent en moyenne 1h30 de plus par jour que les hommes à s’en occuper. Et, souvent, c’est toujours elles que contactent l’école lorsqu’un enfant est malade, ce qui perturbe directement leur présence au travail.

L’étude de l’université de Soochow

La recherche menée par l’équipe taïwanaise suggère qu’avoir deux enfants pourrait représenter un nombre équilibré pour préserver le moral des mamans. En effet, il semblerait que passer de zéro à deux enfants réduise le risque de développer un trouble bipolaire ou une dépression majeure de près de 30 %. Toutefois, au-delà de deux enfants, cette protection semble diminuer petit à petit.

Ce phénomène s’explique, en partie, par les changements hormonaux liés à la grossesse. L’augmentation des niveaux d’œstrogènes et de progestérone non seulement booste la fonction cérébrale mais aide aussi à réguler les systèmes qui gouvernent l’humeur et la cognition. Par ailleurs, le lien fort entre la mère et son enfant, et le soin qu’elle prodigue, stimulent le système dopaminergique, apportant une vraie bouffée d’épanouissement émotionnel tout en réduisant les risques de dépression.

Des avis partagés sur le nombre « idéal »

Si cette étude met en avant certains avantages à avoir deux enfants, elle ne doit absolument pas être vue comme une règle à suivre pour toutes. La psychologue Amélie Boukhobza rappelle que « ce qui compte, ce n’est pas tant le nombre d’enfants que ce qui entoure cette situation : le soutien dont on bénéficie, la qualité du lien créé… et surtout, le temps qu’on parvient à se ménager pour soi ». Pour certaines, avoir un seul enfant ou même aucun enfant peut rimer avec plein d’épanouissement personnel.

Il faut se rappeler que chaque femme a ses envies et ses contraintes propres. Le choix du nombre d’enfants devrait se baser sur ses désirs personnels et non sur une norme imposée par la société ou des études scientifiques.

La discussion autour de ce nombre optimal met en lumière à quel point le soutien de l’entourage et de la famille peut jouer un rôle majeur pour le moral des mamans. En continuant à explorer ces dynamiques compliquées, il importe de respecter et de valoriser les choix personnels de chacune, tout en œuvrant ensemble pour diminuer les inégalités qui pèsent sur la santé mentale des femmes.

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