Un lave-linge durable ? Voici ce que révèle le nouvel indice obligatoire

Publié le
Lecture : 3 min
Lave Linge Indice De Reparabilité
Un lave-linge durable ? Voici ce que révèle le nouvel indice obligatoire © Speedy life

Les lave-linge affichent désormais un nouvel indicateur. Derrière ce pictogramme coloré, une petite révolution dans le rayon électroménager. Mais que cache cette note chiffrée qui promet des appareils plus fiables ?

À partir de ce mardi 8 avril 2025, une obligation légale entre en vigueur en France pour les lave-linge : l’affichage de l’indice de durabilité. Déjà mis en place sur les téléviseurs en janvier, ce dispositif s’inscrit dans la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC), votée le 10 février 2020. Il s’agit d’une première mondiale. Désormais, chaque lave-linge neuf vendu en magasin ou en ligne devra porter un indice sur 10 renseignant sur sa robustesse et sa capacité à durer.

Mieux comprendre l’indice de durabilité des lave-linge

L’indice de durabilité est un outil de notation conçu pour évaluer la longévité d’un lave-linge, en s’appuyant sur deux piliers : la réparabilité et la fiabilité. Concrètement, l’indice repose sur cinq critères pondérés : la réparabilité, la robustesse, l’évolutivité, la qualité de la maintenance, et la disponibilité des pièces détachées.

Selon le ministère de l’Économie, cet indice « informe les consommateurs sur le caractère plus ou moins durable des produits concernés, au sens de leur durée de vie » (Le Parisien, 8 avril 2025). Il affiche une note sur 10, accompagnée d’un code couleur allant du marron (peu durable) au vert (hautement durable), afin d’être facilement lisible pour les consommateurs.

Ce changement marque un tournant par rapport à l’ancien indice de réparabilité, en vigueur depuis 2021, qui se contentait d’évaluer la facilité de réparation des produits. Ce dernier sera progressivement remplacé, comme l’indique CNEWS : « Ce nouvel outil, prévu pour progressivement remplacer l’indice de réparabilité des équipements électroménagers, permettra maintenant aux consommateurs français d’également mieux choisir leurs machines à laver ».

Pourquoi ce nouvel affichage est-il mis en place ?

L’instauration de l’indice de durabilité répond à un double objectif. D’un côté, il s’agit de lutter contre l’obsolescence prématurée, en incitant les fabricants à concevoir des appareils plus solides, mieux réparables et dont les composants sont accessibles. De l’autre, il offre aux consommateurs un levier de décision basé sur la durée de vie réelle des appareils.

Anaïs Régnier, responsable développement durable au GIFAM (Groupement des marques d’appareils pour la maison), résume ainsi le rôle de ce nouvel indicateur : « Il s’agit d’un nouvel outil d’information à destination du consommateur, qui va lui permettre de connaître le caractère plus ou moins réparable et plus ou moins fiable de son lave-linge » (20 Minutes, 7 avril 2025).

Élaboré après un an et demi de travaux, le référentiel a été co-construit avec des réparateurs, des ONG, des distributeurs et des industriels. Il est appliqué sur tous les lave-linge, quelle que soit la marque, à la suite de tests standardisés menés par des laboratoires indépendants. Ces simulations accélérées de cycles d’usage permettent d’évaluer la solidité des composants face à l’usure.

Un indice qui pourrait bien rebattre les cartes du marché

Le GIFAM prévoit un impact direct sur les ventes : « Nous avons déjà observé, avec l’indice de réparabilité, des ventes plus dynamiques sur les appareils les mieux notés » (CNEWS, 8 avril 2025). Autrement dit, les marques qui miseront sur la qualité devraient en récolter les fruits.

Cette nouvelle notation pourrait en revanche désavantager certains modèles bas de gamme, peu endurants, dont la note pourrait décourager l’achat. L’objectif est assumé : « Il était indispensable que cet indice de durabilité soit contrôlable et contrôlé », insiste Anaïs Régnier (20 Minutes, 7 avril 2025). La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) est d’ailleurs chargée de vérifier la fiabilité des étiquetages.

Le détail des critères et les notes de chaque produit sont consultables à la fois sur une plateforme publique et sur le site du GIFAM.

Une couverture encore limitée, mais des perspectives en expansion

À ce jour, seuls les téléviseurs et les lave-linge sont concernés. L’association Halte à l’obsolescence programmée (HOP) regrette cette portée réduite : « Ce dispositif concerne encore trop peu de produits » (Le Parisien, 8 avril 2025). Initialement, les smartphones devaient aussi être inclus, mais la Commission européenne a émis un avis défavorable, provoquant leur retrait.

Il est donc probable que d’autres familles de produits soient concernées dans les années à venir. La loi AGEC prévoit une montée en puissance progressive des instruments de durabilité, à mesure que les standards de test sont élaborés pour d’autres catégories d’appareils.

Laisser un commentaire