Voitures neuves : la chute des ventes, et les modèles qui s’en sortent

Les ventes de voitures neuves piquent du nez, mais certains modèles continuent de séduire. Entre coups de cœur électriques et budget sous tension, les Français font des choix très clairs.
La voiture neuve fait grise mine
Ce n’est plus un simple ralentissement, c’est un vrai virage. En mai 2025, le marché automobile français a enregistré 123 919 immatriculations de voitures neuves, en recul de 12 % sur un an. Et depuis janvier, la tendance ne s’améliore pas : la baisse atteint -8 % sur les cinq premiers mois de l’année, selon les données du Comité des Constructeurs Français d’Automobiles (CCFA).
Le constat est sans appel : acheter neuf ne fait plus partie des priorités. Trop cher, trop compliqué, pas assez tentant… Résultat, les concessionnaires peinent à convaincre et les showrooms se vident plus qu’ils ne se remplissent.
Les modèles qui tirent encore leur épingle du jeu
Heureusement, dans cette ambiance morose, quelques voitures sortent du lot. À commencer par la Renault 5 E-Tech, petite citadine électrique au look rétro qui fait un carton. Commercialisée autour de 31 000 euros, elle a séduit plus de 9 000 acheteurs rien qu’au mois de mars. Un vrai coup de fraîcheur dans un marché engourdi.
Chez Dacia, la Spring continue aussi de bien fonctionner grâce à son tarif plancher (20 800 euros), malgré la disparition du leasing social. Citroën, de son côté, mise sur sa gamme électrique et sur ses modèles urbains pour maintenir le cap, même si les volumes restent en recul.
Mais globalement, les chiffres restent rouges. Tesla plonge de 36,8 %, Mercedes de 48,4 %, et Volvo de 59,6 %. Même Stellantis, pourtant incontournable, voit ses ventes chuter de 17 %. C’est simple : hors quelques exceptions, tout le monde recule.
Pourquoi ça coince autant ?
Le premier obstacle, on le connaît : le prix. Le tarif moyen d’un véhicule neuf est passé de 28 000 à 35 000 euros entre 2020 et 2024. Soit une augmentation de 24 %, bien au-delà du rythme de progression des salaires. Une Renault Clio, par exemple, coûte aujourd’hui environ 20 000 euros, soit 14 mois de salaire au Smic, contre 11 mois en 2000.
Et cette hausse ne vient pas de nulle part. Électrification, nouvelles normes de sécurité, équipements obligatoires… Les véhicules sont plus complexes, plus technologiques, et forcément plus chers. Certains consommateurs préfèrent attendre, ou se tournent vers l’occasion, quand d’autres renoncent tout simplement à changer de voiture.
Ajoutez à cela une offre qui se transforme à vitesse grand V : les petites voitures thermiques disparaissent, les SUV s’imposent, et l’électrique gagne du terrain mais pas encore le cœur de toutes les bourses. Bref, le grand écart s’intensifie.
Pourquoi les Français tournent le dos au neuf
En réalité, plusieurs raisons s’additionnent. D’abord, l’incertitude. Entre changements de normes environnementales, restrictions de circulation, et fiscalité instable, difficile de savoir si la voiture achetée aujourd’hui sera encore « autorisée » demain. Ensuite, les offres se sont raréfiées dans les gammes accessibles : la disparition des petites thermiques et la hausse des tarifs des modèles d’entrée de gamme laissent peu de choix à ceux qui ont un budget serré.
Enfin, le financement devient plus contraignant. Les taux de crédit sont remontés, les formules de location longue durée sont moins attractives, et les aides publiques, comme le leasing social, ont été supprimées. Résultat : même les acheteurs motivés sont freinés par un manque de visibilité et des mensualités trop élevées.
Des envies, mais moins d’achats
Ce qui frappe, c’est que les Français ne boudent pas la voiture par principe. Ils continuent de rêver de design, de confort, d’innovation… mais leur portefeuille dit non. Même les citadines compactes dépassent désormais la barre psychologique des 25 000 euros, rendant l’achat difficile, même à crédit.
Dans ce contexte, les modèles les plus attractifs sont ceux qui rassurent, innovent ou facilitent la vie : design rétro, autonomie suffisante, entretien réduit, formats urbains… La Renault 5 coche toutes ces cases, et son succès n’a rien d’un hasard.





