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Vivre à la ferme, le «revival»


Lundi 30 Novembre 2015




Vivre à la ferme est une tendance qui gagne du terrain. Mais le néo-rural 2015 s’adresse plutôt aux VIP et aux branchés.


Vivre à la ferme, le «revival»
L’appel de la forêt ? Non, plutôt l’appel de la ferme. Mais en 2015, l’appel de la ferme se fait plus luxe. Et pas forcément pour la vie. Rien à voir avec le retour à la terre comme on l’a connu dans les années 70, baba cool. Aujourd’hui, si l’envie de vivre à la ferme n’est pas un courant isolé, cette tendance s’adresse notamment à une catégorie de gens plus people et branchés que le quidam moyen. Des jet setters en somme, qui se la jouent plus gentlemen farmers qu’agriculteurs durs à la peine. Mais bon… La tendance se confirme, notamment en Angleterre, où de nombreux rich and famous quittent Londres, pour quelques jours seulement. Du producteur Mark Ronson à la it girl Alexa Chung, ils suivent le mouvement. Mouvement instauré par Nick Jones, génie british de l’hôtellerie.
 
On l’a compris, le retour à la ferme version 2015, se fait les pieds au sec dans des bottes Hunter et en Barbour. Pour un temps limité bien sûr. On a l’esprit green, mais tout reste quand même très conceptuel et bobo, avec les moyens qui vont avec. Parce que les accessoires, même pour la pose, il faut pouvoir se les offrir : « cottages de trappeur, tracteur vintage, moulin à eau, poulailler, légumes et herbes bio », détaille le site madame.lefigaro.fr. Et sans trop se fatiguer non plus : dans les cottages ou bungalows, on n’est servi : « feux de bois crépitant dans les chaumières meublées de Chesterfield usés et de baignoire de grand-mère, lait frais livré devant la porte au réveil, œufs du jour distribués aux visiteurs » rapporte Le Figaro.
 Sans oublier le WiFi et le spa. Une balade de santé en quelque sorte. Rien à voir avec la vie d’un éleveur des côtes d’Armor, on l’a compris.
 
Mais l’urbain aime à se faire peur, et à rêver sa vie. Résultat, les initiatives chics pullulent. Aux États-Unis, c’est un autre entrepreneur star de l’hôtellerie, André Balazs, propriétaire du Mercer à New York et du Château Marmont à Los Angeles, qui vient d’investir dans un « manoir agricole ». La production doit approvisionner de bon et de bio, le restaurant de l’hôtel Standard à New York. La France n’est pas en reste. Au domaine des Étangs, en Charente, on peut louer des fermettes, se promener en barque, dîner au château…  Bref, le retour à la ferme est un énorme snobisme, pour ne pas dire une grosse arnaque. Pour quelques privilégiés, c’est jouer au néo-paysan le temps d’un week-end et rentrer à Paris en Land Rover. On reconnaît toutefois qu’ils ont une certaine éco-conscience et un attrait pour l’agro-écologie. En revanche, en août, ils n’assurent pas les moisons, ils sont partis à Ibiza.

Vivre à la ferme, le «revival»

Béatrix Foisil-Penther
Journaliste, rédactrice, conceptrice, auteur et literary scout. En savoir plus sur cet auteur



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