Doomshopping : pourquoi cette surconsommation nous inquiète-t-elle tant ?

Le doomshopping touche 43 % des Millennials, avouez-le, vous y avez sûrement cédé. Explorez les motivations cachées derrière cette frénésie d’achats et découvrez comment elle impacte notre planète et nos émotions.
Dans un monde où les styles vestimentaires changent à toute vitesse, le doomshopping s’impose comme un comportement d’achat impulsif qui inquiète de plus en plus. Ce phénomène n’est pas juste une mode qui passe, il révèle des motivations variées – du besoin d’appartenance jusqu’à la gestion de périodes difficiles – et ses répercussions vont bien au-delà de notre porte-monnaie, touchant aussi notre environnement et posant de réels défis à la société d’aujourd’hui.
Comprendre le doomshopping
Le terme « doomshopping » décrit la tendance à acheter des vêtements de façon impulsive et excessive, pas par nécessité mais pour combler un vide émotionnel ou pour suivre en vitesse les tendances du moment. Les raisons de ce comportement sont multiples. Certains veulent absolument être à la pointe de la mode, tandis que d’autres achètent pour atténuer des sentiments de tristesse ou d’anxiété liés aux bouleversements géopolitiques actuels. Dans tous les cas, ces achats cherchent surtout à offrir un apaisement temporaire plutôt qu’à satisfaire un besoin réel en matière d’habillement.
Cependant, le soulagement fourni par le doomshopping est souvent de courte durée. Les consommateurs se retrouvent rapidement à vouloir recommencer pour retrouver cette sensation de bien-être qui ne dure que quelques instants. Par ailleurs, cette habitude engendre d’importantes conséquences sur l’environnement, notamment à cause de la production massive et rapide des vêtements par les enseignes de fast fashion.
L’influence des réseaux sociaux et du fast fashion
Les marques de fast fashion jouent un rôle déterminant dans la montée du doomshopping. Elles inondent le marché de nouvelles pièces tous les jours. Cette méthode de vente est amplifiée par les influenceurs sur les réseaux sociaux, qui se régalent à poster leurs looks du jour et leurs vidéos d’unboxing, créant une pression constante pour se procurer les nouveautés du moment.
Une étude récente réalisée en 2023 par Qualtrics pour Intuit Credit Karma montre que 43 % des Millennials ont dépensé plus que prévu en achats impulsifs, sans être sûrs de porter réellement ces vêtements. La génération Z n’est pas en reste, avec 35 % d’entre eux admettant être tombés dans le même piège.
La seconde main : solution ou piège ?
Face aux conséquences environnementales du doomshopping, nombreux sont ceux qui se tournent vers le marché de la seconde main pour limiter leur empreinte sur la planète. Des plateformes comme Vinted, Videdressing et Vestiaire Collective connaissent un véritable boom, apportant une alternative plus responsable aux achats neufs. Toutefois, Dominique Roux, chercheuse à l’Université de Reims, précise que ces sites peuvent paradoxalement favoriser un autre type de frénésie d’achat.
La possibilité d’acheter plusieurs articles pour le prix d’un vêtement neuf peut pousser certains consommateurs à multiplier les achats impulsifs. Selon une étude de l’institut Kantar, publiée en 2020, les acheteurs de seconde main réalisent jusqu’à sept actes d’achat supplémentaires par an par rapport à ceux qui se tournent vers le neuf.
Réflexions sur nos habitudes de consommation
Le doomshopping pose un défi complexe en mêlant psychologie individuelle et problèmes environnementaux d’envergure. Alors qu’on cherche tous à réduire notre impact sur la planète, il est important de prendre conscience des mécanismes qui alimentent nos comportements d’achat.
La question qui se pose toujours est la suivante : comment équilibrer notre envie légitime de s’exprimer via la mode tout en adoptant des pratiques plus responsables ? C’est désormais aux consommateurs, aux entreprises et aux responsables politiques de trouver ensemble des solutions durables face à ce phénomène en plein essor.






