Paru le 19 mars 2025, le Baromètre du numérique, publié par l’Arcep, l’Arcom, le CGE et l’ANCT, dresse un portrait complet de notre rapport aux écrans et aux technologies. Cette année, une tendance ressort clairement : les Français passent beaucoup de temps devant leurs écrans… et leur santé en pâtit. En moyenne, un quart de notre temps éveillé est dédié à un usage personnel du numérique. Et si nos appareils sont intelligents, nos corps, eux, réclament parfois une pause.
Trop d’écrans, trop souvent : le cerveau sous tension
Selon le baromètre 2025, 72 % des Français passent plus de deux heures par jour devant un écran. Un quart va même au-delà de cinq heures quotidiennes. Résultat ? Une fatigue mentale bien réelle. 42 % des personnes interrogées déclarent passer trop de temps sur leurs écrans, et 19 % parlent d’un usage beaucoup trop important.
Cette saturation cognitive est encore plus marquée chez les plus jeunes. 61 % des 18-24 ans déclarent y passer plus de 3 heures par jour… et 62 % d’entre eux jugent ce temps excessif. Autrement dit, plus on est jeune, plus on est connecté – et plus on en souffre. Les réseaux sociaux, souvent consultés plusieurs fois par jour, participent fortement à cette sensation d’épuisement mental.
Quand le numérique nous vole notre sommeil
Le lien entre écrans et troubles du sommeil est désormais bien documenté par les chercheurs. Et les données 2025 ne contredisent pas cette tendance. L’utilisation intensive des écrans en soirée, en particulier les réseaux sociaux ou les vidéos en streaming, retarde l’endormissement et perturbe la qualité du sommeil profond.
Le baromètre ne donne pas de chiffres précis sur les insomnies, mais il révèle un indicateur qui ne trompe pas : une personne sur deux estime qu’elle ne pourrait pas se passer de son smartphone pendant plus d’un jour, même pour un usage personnel. Un attachement quasi-compulsif, qui grignote notre disponibilité mentale… et notre cycle circadien.
Vue brouillée, posture crispée : quand le corps trinque
Entre le travail, les réseaux, les jeux ou le shopping, nos yeux passent des heures en tension. La fatigue visuelle – picotements, vision floue, maux de tête – touche de plus en plus de Français. Le phénomène est accentué par l’usage simultané de plusieurs écrans (ordinateur, smartphone, tablette), désormais courant dans presque tous les foyers (9,6 écrans en moyenne).
La posture aussi en prend un coup : dos voûté, nuque raide, crispation des épaules. Le syndrome du text-neck (douleur cervicale liée à la position prolongée tête baissée sur un écran) devient une plainte fréquente, notamment chez les jeunes adultes très actifs en ligne.
Saturation numérique : les Français en quête d’équilibre
Face à cette surcharge, les signaux d’alerte se multiplient. Le besoin de désintoxication digitale gagne du terrain. Selon l’Arcep, un Français sur deux souhaiterait être aidé physiquement, gratuitement, pour mieux gérer son usage numérique. Et ce besoin d’accompagnement est encore plus fort chez ceux qui se sentent dépassés, stressés ou anxieux face aux outils connectés.
L’étude montre aussi que la consommation ne rime pas toujours avec plaisir : 59 % des utilisateurs intensifs des réseaux sociaux trouvent leur temps d’écran excessif. C’est presque deux fois plus que chez ceux qui les consultent rarement. Autrement dit, ceux qui cliquent le plus sont aussi ceux qui culpabilisent le plus.
©speedylife
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