Un abonnement Classplus renouvelé ? Attention arnaque !

Depuis le 14 août 2026, des milliers de clients Bouygues Telecom reçoivent un mail frauduleux annonçant un prélèvement de 69,90 € pour un abonnement « Classplus Pro ». L’arnaque affiche leur véritable IBAN pour gagner en crédibilité, exploitant les données volées lors de la cyberattaque d’août 2025.
Un mail atterrit dans votre boîte de réception. Votre nom, votre prénom, votre adresse électronique et, surtout, votre véritable IBAN s’affichent noir sur blanc. Le message annonce le renouvellement automatique d’un abonnement « Classplus Pro » à 69,90 €, prélevé dans sept jours. Vous paniquez ? C’est précisément la réaction recherchée par les escrocs. Depuis le 14 août 2026, cette campagne de phishing cible massivement les clients de Bouygues Telecom, exploitant des données volées lors de la cyberattaque d’août 2025.
Un mail arrive : « Votre abonnement Classplus Pro va être renouvelé »
Le message semble officiel. L’objet du mail mentionne un renouvellement d’abonnement. Le corps du texte détaille un prélèvement imminent de 69,90 € TTC pour « Classplus Pro », un service dont vous n’avez jamais entendu parler. Mais ce qui frappe immédiatement, c’est la présence de vos informations personnelles : prénom, nom, adresse mail et, surtout, votre IBAN complet. Cette précision transforme un simple spam en message apparemment légitime. Beaucoup de destinataires, confrontés à cette personnalisation troublante, baissent leur garde.
L’arnaque repose sur un principe psychologique simple : la personnalisation engendre la confiance. Voir son propre IBAN dans un mail crée un sentiment d’authenticité immédiat. Les escrocs savent que cette donnée sensible n’est normalement connue que des banques et des organismes légitimes. Résultat : le destinataire pense recevoir une notification réelle. De plus, le mail n’a pas systématiquement été filtré comme spam par Gmail ou d’autres messageries, renforçant encore son apparence légitime. Cette faille dans les systèmes de détection automatique permet à l’arnaque de toucher un maximum de victimes potentielles.
Comment les arnaqueurs connaissent votre nom, prénom et IBAN
La réponse tient en deux mots : cyberattaque massive. Les données utilisées dans cette campagne de phishing proviennent directement du piratage de Bouygues Telecom survenu en août 2025. Lors de cet incident, les informations personnelles de 6,4 millions de clients ont été exposées, incluant noms, prénoms, adresses mail, numéros de téléphone, mais aussi IBAN et BIC bancaires.
Un an après la cyberattaque initiale, les informations dérobées continuent d’alimenter des campagnes frauduleuses. Entre juin et juillet 2026, des arnaques similaires ont déjà circulé, utilisant les mêmes données mais avec d’autres prétextes : faux abonnements Amazon Prime ou Cellcast Vidéos, toujours pour un montant de 69,90 €. Les escrocs recyclent ces informations en changeant simplement le nom du service prétendu.
Le bouton « Contester ce prélèvement » : le piège principal
Au cœur du mail frauduleux se trouve un bouton ou un lien invitant à « contester ce prélèvement » ou à « annuler le renouvellement ». C’est précisément ce clic que recherchent les arnaqueurs. Le message joue sur l’urgence : sept jours seulement pour agir, faute de quoi le prélèvement sera effectué. Face à cette pression temporelle et à la présence de leur IBAN, de nombreuses victimes cliquent par réflexe, pensant protéger leur compte bancaire. Erreur fatale.
Où vous mène ce lien ? Et pourquoi ne pas cliquer
Le lien redirige vers un site frauduleux conçu pour imiter une plateforme légitime. Une fois sur cette page, la victime est invitée à saisir ses identifiants bancaires, ses codes de carte bleue ou d’autres informations sensibles, prétendument pour « vérifier son identité » ou « annuler le prélèvement ». En réalité, toutes les données entrées sont directement transmises aux escrocs. Ces informations permettent ensuite des fraudes bancaires réelles : achats en ligne, virements frauduleux, usurpation d’identité. Les experts rappellent qu’un IBAN seul ne suffit jamais à réaliser un prélèvement SEPA, qui nécessite un mandat signé préalable.
Vous avez cliqué ? Les gestes qui sauvent
Si vous avez cliqué sur le lien et saisi des informations bancaires, chaque minute compte. La première réaction doit être de contacter immédiatement votre banque pour faire opposition sur votre carte et surveiller les mouvements suspects. Changez ensuite tous vos mots de passe, notamment ceux liés à vos comptes bancaires en ligne. Déposez plainte auprès de la police ou de la gendarmerie, en conservant tous les éléments de preuve : mail reçu, captures d’écran du site frauduleux, relevés bancaires. Enfin, signalez l’arnaque sur la plateforme officielle Pharos ou Signal Spam.






