Produits protéinés : Foodwatch alerte sur des aliments ultra-transformés, trop sucrés et plus chers

Les produits protéinés séduisent de plus en plus de consommateurs à la recherche d’une alimentation jugée plus équilibrée. Mais une enquête de Foodwatch pointe la présence d’additifs, de sucre et des niveaux de transformation élevés dans dix références vendues en grande distribution.
Derrière les promesses affichées sur les emballages, les produits protéinés ne seraient pas toujours synonymes de meilleure qualité nutritionnelle. L’ONG Foodwatch a analysé dix références et alerte sur des compositions marquées par l’utilisation d’ingrédients ultra-transformés, tout en dénonçant des prix parfois nettement supérieurs aux versions classiques.
Produits protéinés : derrière la promesse santé, des compositions qui interrogent
Les produits protéinés se sont multipliés dans les rayons des supermarchés. Barres, boissons, desserts, céréales ou plats préparés affichent désormais leur teneur en protéines comme un argument commercial majeur. Mais selon Foodwatch, cette mise en avant peut parfois masquer une composition plus complexe, avec des additifs et des ingrédients caractéristiques des aliments ultra-transformés.
L’association a analysé dix références commercialisées par plusieurs grandes marques et estime que ces produits « riches en protéines » présentent des caractéristiques communes liées à l’ultra-transformation. Parmi les éléments relevés figurent notamment des protéines isolées, des amidons modifiés, des gommes ou encore certains édulcorants.
Des produits protéinés qui contiennent aussi des additifs
Foodwatch pointe du doigt un phénomène de plus en plus visible dans l’alimentation : l’utilisation de l’image positive des protéines pour valoriser des produits dont la composition reste complexe. L’association explique que l’affichage « high protein », « protein+ » ou « 25 grammes de protéines » attire l’attention du consommateur, alors que d’autres ingrédients peuvent passer au second plan.
Parmi les références étudiées figurent notamment les barres Nature Valley Protein chocolat & cranberries, la boisson HiPRO saveur myrtille de Danone, les céréales Lion Protein de Nestlé, les boissons Lactel protéines chocolat ou encore les tartines Wasa Protein+.
L’ONG relève par exemple la présence d’ingrédients servant à modifier la texture ou la conservation des aliments. Dans plusieurs produits analysés apparaissent des éléments comme la gomme gellane, des amidons modifiés ou encore des édulcorants intenses comme l’acésulfame-K.
Foodwatch estime que ces compositions peuvent brouiller le message envoyé aux consommateurs. Léa Redon, chargée de campagnes chez Foodwatch France, affirme : « Derrière leurs promesses nutritionnelles, les 10 produits “protéinés” que nous épinglons sont en réalité tous ultra-transformés. »
Le sucre reste présent dans certains produits enrichis en protéines
L’enquête met également en avant la question du sucre. Certains produits présentés comme adaptés aux consommateurs recherchant un apport élevé en protéines affichent des teneurs importantes en sucres.
Foodwatch cite notamment les barres Nature Valley Protein chocolat & cranberries, qui contiennent 20,5 grammes de sucres pour 100 grammes selon l’association. Celle-ci estime que trois barres suffiraient à dépasser les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé concernant les sucres libres.
Autre exemple relevé : les boissons Lactel protéines chocolat, qui contiennent 9,1 grammes de sucre pour 100 millilitres d’après l’analyse publiée par Foodwatch.
L’association rappelle que la présence de protéines ne suffit pas, à elle seule, à définir la qualité nutritionnelle globale d’un aliment. Elle appelle les consommateurs à regarder l’ensemble de la composition, notamment la liste des ingrédients.
Des prix plus élevés au nom de l’argument protéiné
Au-delà de la composition, Foodwatch dénonce également une différence de prix parfois importante entre les versions classiques et les versions enrichies en protéines.
L’association cite notamment le cas des tartines Wasa Protein+, dont le prix au kilo serait passé de 7,09 euros pour la version « Léger » à 13,95 euros pour la version « Protein+ » chez Carrefour, selon ses relevés.
Foodwatch observe un mécanisme similaire sur d’autres références, comme certaines salades préparées ou desserts enrichis en protéines. Selon l’organisation, l’ajout de protéines permettrait aux industriels de positionner certains produits sur un segment plus valorisé.
L’association demande notamment la mise en place d’un étiquetage obligatoire permettant d’identifier plus facilement les aliments ultra-transformés, en complément du Nutri-Score.
Les produits concernés par l’enquête Foodwatch
Les dix références analysées par Foodwatch concernent notamment :
- Nature Valley Protein chocolat & cranberries (General Mills) ;
- salade penne complètes poulet rôti emmental amandes High Protein (Carrefour Sensation) ;
- boisson HiPRO saveur myrtille (Danone) ;
- céréales Lion Protein (Nestlé) ;
- gourde Whey & fruits (Andros Sport) ;
- lait protéines chocolat (Lactel) ;
- Wasa Protein+ (Barilla) ;
- Chocolate Mocha Protein Drink (Starbucks) ;
- boisson Protéines Soja (Alpro, Danone) ;
- yaourt protéiné myrtille Délisse Sport (Marque Repère, E. Leclerc).
Foodwatch précise que son analyse ne remet pas en cause l’intérêt des protéines dans l’alimentation, mais questionne la multiplication de produits transformés mis en avant principalement grâce à cet argument marketing.






