SDF morts dans la rue : le bilan tragique de 2025 en France

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SDF morts dans la rue : le bilan tragique de 2025 en France © Speedy life

En 2025, 927 personnes SDF sont décédées en France, dont 20 enfants de moins de 15 ans, selon le collectif Les Morts de la Rue. Un bilan tragique qui marque un doublement de la mortalité depuis 2012, avec un âge moyen de décès de 49 ans et 22 morts liées au froid, record depuis la création du recensement.

En 2025, 927 personnes sans domicile fixe sont mortes en France. Parmi elles, 20 enfants de moins de 15 ans. Ces chiffres ne sont que la partie visible d’une tragédie sociale bien plus large, documentée depuis 13 ans par un collectif de citoyens qui refuse que ces vies ne sombrent dans l’oubli. Le collectif Les Morts de la Rue a publié mercredi 29 octobre 2026 son rapport annuel révélant ce bilan glaçant, multiplié par 2,2 depuis 2012.

927 histoires de précarité en France

Le recensement établi par le collectif Les Morts de la Rue révèle 927 décès de SDF en 2025, un chiffre quasi stable par rapport à 2024 (938 morts). Pourtant, le collectif refuse de parler de stabilisation. « Un palier du recensement peut être celui de ses moyens, et non celui de la mortalité », souligne l’organisation dans son rapport. La réalité reste sombre : depuis 2012, année de création du collectif, la mortalité a plus que doublé. Sur ces 927 victimes, 306 personnes vivaient dans la rue, 264 étaient hébergées en structure d’urgence, et 357 se trouvaient dans une situation indéterminée au moment de leur décès.

L’âge moyen des victimes atteint 49 ans, soit 30 ans de moins que l’espérance de vie en population générale (79,5 ans selon l’INSEE). Les hommes représentent 83% des décès, mais une tendance inquiétante se dessine : la part des femmes grimpe à 14% en 2025, contre 11% sur la période 2012-2024. La féminisation du sans-abrisme s’accélère. Selon les données compilées par le collectif, environ 350 000 personnes seraient sans domicile fixe en France d’après la Fondation pour le Logement, bien loin des 143 000 recensées officiellement par l’INSEE en 2012.

Les Morts de la Rue : un collectif qui refuse l’oubli depuis 2012

Créé en 2012, le collectif Les Morts de la Rue mène une enquête citoyenne sans précédent. Son objectif : documenter chaque décès, redonner un nom et une histoire à ceux que la société a rendus invisibles. « Ces chiffres ne sont pas des accidents statistiques. Ce sont les pages d’un réquisitoire que notre pays rédige, année après année, contre lui-même », dénonce le collectif dans son rapport 2025.

La méthodologie repose sur un réseau dense de contributeurs : associations de terrain, particuliers, veille de la presse, mais aussi partenaires institutionnels comme le Samu social, les Services intégrés d’accueil et d’orientation (SIAO), la Ville de Paris et les services de l’État. Chaque signalement fait l’objet d’une vérification croisée. En 2025, un phénomène préoccupant apparaît : les signalements institutionnels, qui constituaient l’essentiel de la croissance du recensement ces dernières années, ont marqué le pas.

Le collectif insiste : 927 décès constituent un « plancher documenté », pas un bilan définitif. Nombreux sont les décès qui échappent au recensement, faute de moyens, de signalements ou de traces administratives. La réalité dépasse nécessairement les chiffres publiés. Le ralentissement des remontées institutionnelles en 2025 reflète probablement des capacités de suivi limitées plutôt qu’une amélioration de la situation. L’INSEE doit publier fin 2026 une actualisation du nombre de personnes sans domicile en France, la première depuis 14 ans.

Les victimes invisibles : enfants, femmes, et trajectoires de chute

Vingt enfants de moins de 15 ans figurent parmi les 927 victimes de 2025. Ces mineurs, souvent accompagnés de familles en errance, subissent de plein fouet l’absence de logement stable, l’exposition aux maladies, aux violences, au froid. Leur présence dans ce décompte mortuaire révèle l’échec des dispositifs de protection de l’enfance face à la montée de la grande précarité familiale. Les femmes SDF, déjà largement invisibilisées, voient leurs enfants payer le prix le plus lourd.

La part des femmes parmi les victimes progresse : 14% en 2025, contre 11% sur l’ensemble de la période 2012-2024. La précarité féminine change de visage. Mères isolées, victimes de violences conjugales chassées du domicile, travailleuses pauvres basculant dans la rue après une perte d’emploi : les trajectoires se diversifient. Les femmes sans abri subissent des violences spécifiques (agressions sexuelles, exploitation) et accèdent plus difficilement aux structures d’hébergement, souvent saturées ou inadaptées.

L’hiver tue : 22 décès liés au froid en 2025

Le froid a tué 22 personnes en 2025, le niveau le plus élevé depuis 2012. Tous ces décès sont survenus en automne ou en hiver, périodes où les températures plongent et où les capacités d’accueil d’urgence saturent. Hypothermie, maladies respiratoires aggravées, affaiblissement général : le froid agit comme un révélateur impitoyable de la vulnérabilité extrême des personnes sans abri. Malgré les plans grand froid activés chaque année, les places d’hébergement restent insuffisantes et les maraudes ne parviennent pas à atteindre tous ceux qui dorment dehors.

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