Grève du 5 novembre : écoles privées fermées, transports perturbés, mode d’emploi

Le 5 novembre, une grève massive paralyse la France. Pour la première fois, l’enseignement privé sous contrat rejoint le mouvement, menaçant de fermer les écoles de 2,2 millions d’élèves. Les transports SNCF seront fortement perturbés. Parents et salariés doivent anticiper : garde d’enfants, trajets alternatifs, télétravail.
Mardi 5 novembre, la France s’apprête à vivre une journée de grève d’ampleur inédite. Pour la première fois de son histoire, l’enseignement privé sous contrat rejoint massivement le mouvement, aux côtés des transports publics et de nombreux secteurs. Résultat : 2,2 millions d’élèves pourraient rester à la maison, les trains seront perturbés, et votre organisation habituelle risque d’exploser en vol.
Grève du 5 novembre : qui ferme, qui manifeste ?
Les écoles privées concernées : 2,2 millions d’élèves potentiellement à la maison
L’événement marque un tournant. Tous les syndicats de l’enseignement privé sous contrat (Fep-CFDT, SNEPL-CFTC, SNPEFP-CGT, SYNEP CFE-CGC) appellent ensemble à la grève. Une première absolue dans ce secteur qui scolarise 17% des élèves français, soit plus de 2 millions d’enfants. Les établissements privés catholiques, souvent perçus comme moins enclins à la contestation, basculent à leur tour dans la mobilisation. Les enseignants dénoncent des revalorisations salariales dérisoires : 1,3% proposés par les employeurs, contre 2,41% d’augmentation du Smic. Concrètement, cela représente deux euros bruts par mois. La pilule passe mal.
Dans le public, les syndicats de l’Éducation nationale (Snes-FSU, FSU-SNUipp) ont également rejoint l’appel. Entre écoles maternelles fermées, collèges et lycées au ralenti, la journée s’annonce compliquée pour les familles. Les établissements communiqueront leur taux de grévistes la veille au soir, mais il faut s’attendre à des fermetures partielles, voire totales dans certaines zones.
Les transports : SNCF et perturbations attendues
Les quatre principaux syndicats de la SNCF (CGT-Cheminots, Unsa-Ferroviaire, Sud-Rail, CFDT-Cheminots) ont déposé un préavis de grève. TGV, TER, Transilien : tous les réseaux seront touchés. L’entreprise publiera son plan de transport le 3 novembre au soir, mais les usagers doivent anticiper des suppressions massives. Les RER franciliens, déjà fragiles en temps normal, risquent de fonctionner au ralenti. Pour ceux qui comptent prendre le train ce jour-là, mieux vaut prévoir un plan B : covoiturage, télétravail ou départ la veille.
Côté métro et bus, la situation reste floue. Certaines lignes RATP pourraient être impactées, mais les préavis seront confirmés dans les prochains jours. Une chose est sûre : les trajets domicile-travail seront semés d’embûches.
Comment s’organiser ? Les bons réflexes pour le 5 novembre
Garde des enfants : les solutions pour les parents salariés
Pas d’école, pas de cantine, pas de périscolaire. Pour les parents qui travaillent, la grève impose une logistique de guerre. Première option : poser un jour de congé ou de RTT. Certaines entreprises acceptent aussi le télétravail exceptionnel, à négocier avec votre manager dès maintenant. Deuxième piste : mobiliser les grands-parents, amis ou voisins pour une garde partagée. Les centres de loisirs municipaux ne seront pas tous ouverts, renseignez-vous auprès de votre mairie.
Pour les plus débrouillards, des groupes de parents s’organisent via les réseaux sociaux pour créer des gardes tournantes. L’idée : chacun prend en charge plusieurs enfants à tour de rôle. Enfin, si vous n’avez aucune solution, sachez que le Code du travail prévoit un droit d’absence pour garde d’enfant en cas de grève scolaire. Attention toutefois, ce jour ne sera pas rémunéré sauf accord spécifique avec votre employeur.
Trajets et déplacements : comment prévoir l’imprévisible
Pour limiter les mauvaises surprises, consultez les sites SNCF et RATP dès le 3 novembre. Les applications mobiles vous alerteront en temps réel des suppressions. Si vous devez absolument vous déplacer, privilégiez les horaires décalés : très tôt le matin ou en fin de journée. Les trains maintenus seront bondés, prévoyez large. Le covoiturage explose lors des grèves : BlaBlaCar, Karos ou les groupes Facebook locaux peuvent sauver votre journée.
Pour les trajets en Île-de-France, le vélo reste une option crédible si la météo le permet. Les services de vélos en libre-service (Vélib’, Lime) seront pris d’assaut, réservez le vôtre à l’avance. Enfin, pour ceux qui télétravaillent habituellement, profitez-en : rester chez soi sera la stratégie la plus zen.
Pourquoi manifestent-ils ? Les revendications en clair
Salaires, services publics, emploi : ce que demandent les syndicats
L’intersyndicale (CFDT, CGT, FO, Unsa, FSU) porte des exigences claires. Premier point : l’augmentation générale des salaires, du Smic, des pensions et du point d’indice des fonctionnaires. L’inflation grignote le pouvoir d’achat, et les mesures gouvernementales ne suffisent pas à compenser. Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, résume : « Le rendez-vous de mobilisation, c’est le 5 novembre. » Sophie Binet, à la tête de la CGT, enfonce le clou : « L’heure est venue de franchir un nouveau cap dans la mobilisation, la grève doit prendre le relais. »
L’intersyndicale dénonce une logique d’austérité incompatible avec les besoins du pays et demande une taxation accrue des patrimoines, héritages et dividendes pour financer les augmentations salariales et les services publics.
Comme l’indique le communiqué de l’intersyndicale, « la colère est immense. La situation du pays est fragile. Il faut sans attendre répondre aux urgences sociales et environnementales. » La grève du 5 novembre s’inscrit dans un automne social explosif, après les mobilisations des 17 et 24 octobre qui ont rassemblé des centaines de milliers de personnes. Plus de 600 actions avaient déjà été recensées pour la journée du 24 octobre sur la carte collaborative des Gilets jaunes.
Pour les familles, la grève du 5 novembre représente un casse-tête logistique, mais aussi un signal politique fort. L’adhésion inédite de l’enseignement privé montre que la contestation dépasse les clivages habituels. Reste à savoir si le gouvernement entendra le message et proposera des mesures concrètes, ou si la mobilisation s’installera dans la durée. D’ici là, mieux vaut anticiper : votre 5 novembre ne ressemblera pas à un mardi ordinaire.






