APL : 100 000 étudiants étrangers perdent leur aide dès demain

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APL : 100 000 étudiants étrangers perdent leur aide dès demain © Speedy life

À partir du 1er juillet 2026, 100 000 étudiants étrangers non européens et non boursiers perdent leurs APL, soit 165 euros par mois en moyenne.

Le décret est tombé samedi 28 juin au Journal officiel. À compter de ce mardi 1er juillet 2026, les étudiants originaires de pays non européens qui ne bénéficient pas d’une bourse sur critères sociaux perdent leur accès aux aides personnalisées au logement (APL). La mesure, adoptée dans la loi de finances pour 2026 et validée par le Conseil constitutionnel en février, génère environ 200 millions d’euros d’économies en année pleine selon le ministre du Logement Vincent Jeanbrun.

Qui sont ces 100 000 étudiants qui perdent leurs APL ?

Selon le rapport de la Commission des finances de l’Assemblée nationale, ces étudiants perdent en moyenne 165 euros par mois. La Fondation pour le logement, qui dénonce cette réforme, estime l’amputation entre 150 et 250 euros selon les situations.

Les étudiants marocains constituent le premier contingent d’étudiants étrangers en France, suivis par les Algériens, les Chinois, les Tunisiens et les Sénégalais. Tous ces pays sont hors de l’Union européenne, de l’Espace économique européen et de la Suisse, donc leurs ressortissants sont directement concernés par la suppression des APL.

La mesure épargne en revanche les étudiants européens, quelle que soit leur situation financière. Un Allemand ou un Italien non boursier continuera de percevoir son aide au logement. Les associations d’accès au logement dénoncent l’instauration d’une préférence nationale, tandis que le ministre Vincent Jeanbrun réfute cette interprétation en affirmant qu’il s’agit uniquement d’une question de justice fiscale et financière, non d’un sujet migratoire.

Le logement reste le poste incompressible. Impossible de ne pas payer son loyer sans risquer l’expulsion. Pourtant, les dépenses liées au logement pèsent de plus en plus lourd dans le budget des Français. Certains envisagent de déménager vers des logements encore moins chers D’autres cherchent des colocations à quatre ou cinq.

Ce que font les étudiants maintenant

Depuis l’annonce de la mesure en février, puis la publication du décret samedi dernier, les étudiants concernés ont commencé à s’organiser. Les réseaux sociaux regorgent de groupes d’entraide où ils partagent bons plans, offres de colocation, et conseils pour optimiser chaque euro.

La première stratégie consiste à mutualiser les coûts. Des étudiants qui vivaient seuls cherchent désormais des colocataires. Les chambres chez l’habitant, souvent moins chères que les studios, connaissent un regain d’intérêt. Certains acceptent même des logements éloignés des campus, quitte à perdre deux heures par jour dans les transports.

Le travail étudiant devient une nécessité absolue pour beaucoup. Les jobs de serveur, de livreur, de garde d’enfants sont prisés car ils offrent des horaires flexibles. Une solution qui pourrait être idéale, car il suffit de travailler une heure par semaine pour être à nouveau éligible aux APL. Pour certains, la seule solution envisageable est le retour au pays. La suppression des APL pour certains étudiants étrangers pourrait ainsi provoquer une baisse des inscriptions d’étudiants non européens dans les universités françaises.

Certaines universités tentent de mettre en place des dispositifs d’urgence. Des fonds d’aide exceptionnelle existent déjà, mais ils sont largement sous-dimensionnés pour absorber 100 000 nouveaux demandeurs. À Lyon, Toulouse, Strasbourg, des présidents d’université ont alerté le gouvernement sur les risques de décrochage scolaire et de précarisation extrême.

Les associations étudiantes multiplient les distributions alimentaires, les bourses aux livres, les systèmes de prêt de matériel. La Fondation pour le logement, qui a vivement critiqué la mesure, tente de mobiliser des bailleurs sociaux pour proposer des logements à tarifs réduits.

Les Crous, gestionnaires des résidences universitaires, sont également sollicités. Mais leurs logements sont déjà saturés, avec des listes d’attente de plusieurs mois.

La France accueille chaque année près de 400 000 étudiants internationaux, un chiffre qui le place parmi les destinations privilégiées. Mais avec la hausse des frais d’inscription pour les non-européens (imposée en 2019) et maintenant la suppression des APL, la France devient-elle trop chère pour les classes moyennes des pays émergents ? Les universités britanniques, allemandes, canadiennes pourraient bien profiter de cette politique restrictive.

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