Avion : cette habitude avec votre batterie externe peut vite gâcher le voyage

Publié le
Lecture : 3 min
EasyJet-avion
Une batterie externe placée en soute peut entraîner une procédure de sécurité si elle devient inaccessible pendant le vol. | Speedy life

En avion, une batterie externe placée dans une valise en soute peut suffire à perturber tout un vol. Le déroutement d’un appareil EasyJet rappelle une règle simple : ce type d’objet doit rester en cabine, accessible à tout moment.

Un chargeur portable dans une valise, un téléphone branché, et tout un vol peut être perturbé. Le déroutement récent d’un avion EasyJet rappelle qu’une batterie externe mal rangée n’est pas un simple oubli : c’est un vrai sujet de sécurité en cabine comme en soute.

Une batterie externe n’a rien à faire en soute en avion

C’est le genre de geste que beaucoup de voyageurs font sans y penser avant de prendre l’avion : brancher son téléphone sur une batterie externe, glisser le tout dans une valise, puis enregistrer son bagage. Pratique avant un long trajet ? Pas vraiment. En avion, ce réflexe peut suffire à déclencher une procédure de sécurité.

C’est ce qui s’est passé sur le vol EasyJet EZY2618, parti de Hurghada, en Égypte, vers Londres-Luton. Une passagère a indiqué à l’équipage qu’une batterie externe était en train de charger un appareil dans son bagage en soute. L’avion a alors été dérouté vers Rome, rapporte Business Insider. L’appareil s’est posé sans incident, mais les passagers ont subi un important retard avant de pouvoir reprendre leur trajet.

EasyJet a confirmé l’incident dans une déclaration rapportée par Business Insider : « Le vol EZY2618 entre Hurghada et Luton, le 19 mai, a été dérouté vers Rome-Fiumicino après que l’équipage a été informé qu’une batterie externe était en train de charger un appareil dans un bagage. » La compagnie a ajouté que l’avion avait été dérouté conformément aux règles de sécurité.

Le problème ne vient pas seulement du fait que la batterie était dans la valise. Il vient surtout du fait qu’elle était en train de fonctionner, hors de vue et hors d’atteinte de l’équipage.

Pourquoi les compagnies aériennes prennent ce risque très au sérieux

Les batteries externes, aussi appelées power banks en anglais, contiennent généralement des batteries lithium. Ce sont les mêmes technologies que l’on retrouve dans les téléphones, les ordinateurs portables, les tablettes, les appareils photo ou encore les cigarettes électroniques.

La plupart du temps, elles ne posent aucun problème. Mais lorsqu’elles sont abîmées, mal protégées, de mauvaise qualité ou soumises à un court-circuit, elles peuvent chauffer très vite. Dans certains cas, elles peuvent dégager de la fumée ou prendre feu. Glenn Bradley, responsable des opérations de vol à la Civil Aviation Authority britannique, rappelle : « Si elles deviennent défectueuses ou endommagées, elles peuvent provoquer un incendie intense difficile à éteindre. »

Voilà pourquoi l’emplacement de la batterie change tout. En cabine, un passager ou un membre d’équipage peut repérer rapidement un appareil qui chauffe, sent mauvais ou fume. En soute, personne ne peut ouvrir la valise pendant le vol pour vérifier ce qui se passe.

L’Association internationale du transport aérien, l’IATA, donne une consigne très claire : « Ne placez jamais de batteries de rechange ou de batteries externes dans un bagage enregistré », peut-on lire dans ses recommandations aux voyageurs sur les batteries lithium en avion.

Ce qu’il faut faire avant de fermer sa valise

Avant de partir à l’aéroport, mieux vaut prendre trente secondes pour inspecter ses bagages. La batterie externe doit rester dans le sac cabine, avec soi. Elle ne doit pas être placée dans une valise enregistrée. Elle doit aussi être protégée pour éviter qu’un objet métallique, comme des clés ou des pièces, ne touche ses connecteurs.

La Civil Aviation Authority britannique précise que les batteries externes doivent être transportées en bagage cabine, protégées individuellement lorsqu’elles ne sont pas utilisées, et ne doivent pas être rechargées pendant le vol, peut-on lire dans ses règles actualisées. L’autorité indique également qu’elles ne devraient pas servir à recharger un autre appareil à bord.

Autre point à surveiller : la valise cabine que l’on vous demande parfois de mettre en soute à la porte d’embarquement. Dans ce cas, il faut retirer la batterie externe avant de confier le bagage. Même chose pour les cigarettes électroniques et les batteries de rechange.

EasyJet rappelle de son côté que, pour les bagages connectés, la batterie lithium ou la batterie externe doit être retirée si le bagage part en soute. Si elle ne peut pas être retirée, le bagage peut être refusé, précise la compagnie dans ses règles sur les objets dangereux et interdits.

Le piège des chargeurs portables “toujours branchés”

Le vrai mauvais réflexe, c’est de laisser un appareil en charge sans surveillance. Dans un train ou dans une voiture, cela peut déjà poser problème. Dans un avion, le niveau d’exigence est beaucoup plus élevé, car l’équipage doit pouvoir intervenir immédiatement.

Une batterie externe ne doit donc pas être cachée au fond d’un sac pendant qu’elle recharge un téléphone. Elle doit rester visible et accessible. Plusieurs compagnies aériennes ont d’ailleurs durci leurs règles sur l’usage des batteries externes à bord, après une série d’incidents liés à des appareils qui chauffent ou prennent feu.

L’Organisation de l’aviation civile internationale a adopté de nouvelles restrictions applicables depuis le 27 mars 2026. Elles limitent notamment les batteries externes à deux par passager et interdisent leur recharge pendant le vol, précise l’OACI.

À retenir avant votre prochain vol

Une batterie externe doit rester en cabine.
Elle ne doit pas partir en soute.
Elle ne doit pas charger un appareil dans une valise enregistrée.
Elle doit être protégée contre les courts-circuits.
Une batterie gonflée, abîmée ou anormalement chaude ne doit pas être emportée.

Dans l’affaire EasyJet, aucun incendie n’a été signalé. Mais le simple risque a suffi à modifier la route de l’avion.

Laisser un commentaire