Depuis le 18 novembre 2025, les nouvelles données publiées par l’UFC-Que Choisir soulignent une tendance lourde : la dépollution de l’eau potable coûte de plus en plus cher. Avec un taux de conformité en recul et des dépenses qui flambent, les ménages voient le prix du mètre cube progresser. Mais derrière ces chiffres se cachent des réalités simples qui touchent directement le quotidien.
Une facture record pour nettoyer l’eau du robinet
Les collectivités dépensent désormais près de 13 milliards d’euros par an pour dépolluer l’eau potable, selon des données reprises par France24. Cette somme colossale finance notamment l’élimination des pesticides et des nitrates, dont la dépollution représente déjà plus d’un milliard d’euros par an, selon l’UFC-Que Choisir. Ces coûts, qui augmentent d’année en année, sont en grande partie répercutés sur les factures des usagers.
En parallèle, le prix du mètre cube d’eau a grimpé de 16 % en deux ans et demi. Cette hausse ne relève pas d’une décision brutale des services de l’eau, mais d’un besoin impératif : moderniser des installations vieillissantes, renforcer les contrôles et traiter des pollutions plus complexes qu’auparavant.
Des traitements plus techniques… et plus coûteux
Pour nettoyer l’eau, les communes doivent investir dans des équipements de plus en plus sophistiqués. Les filtres membranaires, par exemple, peuvent coûter « jusqu’à quatre fois plus » pour les petites stations par rapport aux traitements classiques, selon l’UFC-Que Choisir.
Ces technologies permettent d’attraper des polluants nouveaux : résidus de produits chimiques, micropolluants ou traces de pesticides anciens. En parallèle, la réforme des redevances entrée en vigueur en 2025 impose aux collectivités d’intégrer une nouvelle redevance liée à la pollution non domestique. Ces obligations ajoutent une ligne de plus sur la facture d’eau, sans que les communes aient réellement le choix.
Un recul de la conformité qui interroge… mais ne signifie pas danger
En 2025, seulement 85 % des réseaux d’eau potable respectent l’ensemble des critères réglementaires, contre 95 % en 2021. Ce recul de 10 points, relevé l’UFC-Que Choisir, peut inquiéter. Pourtant, les experts précisent que ces non-conformités restent très éloignées des seuils dangereux pour la santé.
Les anomalies observées portent surtout sur de faibles dépassements de pesticides ou de nitrates. Plus de 30 % des nappes présentent désormais des teneurs préoccupantes selon l’UFC-Que Choisir, ce qui explique les efforts supplémentaires de dépollution… et les surcoûts associés.
Les consommateurs peuvent continuer à boire leur eau sans inquiétude
L’un des messages les plus importants vient d’Olivier Andrault, chargé de mission alimentation-nutrition à l’UFC-Que Choisir. Il rappelle : « Est-ce que je peux continuer à boire mon eau ? La réponse est oui, dans la très grande majorité des cas ». Cette affirmation, citée par l’AFP, vise à rassurer les millions d’usagers qui peuvent être troublés par la baisse du taux de conformité.
Dans la pratique, dès qu’un dépassement réel et significatif apparaît, les autorités sanitaires imposent immédiatement des restrictions. Les contrôles de l’eau potable sont nombreux, réguliers et publics. Cela garantit que l’eau reste sûre pour la consommation quotidienne, même si les équipements doivent évoluer rapidement pour suivre l’évolution des polluants.
Des dépenses que les communes ne peuvent plus absorber seules
La dépollution de l’eau potable n’est pas un choix, mais une obligation. Entre les pollutions anciennes, les nouveaux polluants à surveiller et la modernisation des installations, les charges pour les collectivités s’accumulent. Certaines communes, notamment les petites, doivent supporter des coûts très élevés pour des stations qui desservent peu d’habitants.
La conséquence, logique mais difficile à accepter, est que le prix du mètre cube d’eau potable continuera sans doute à augmenter dans les prochaines années. Les dépenses sont incompressibles, les équipements obligatoires et les normes européennes toujours plus strictes.
Un débat croissant : qui doit payer la pollution ?
L’UFC-Que Choisir insiste depuis plusieurs années sur le principe du « pollueur-payeur ». Aujourd’hui, les consommateurs financent presque seuls la dépollution de l’eau potable, alors que la majorité des polluants provient des usages agricoles ou industriels.
Réviser ce modèle permettrait d’alléger la pression sur les factures des ménages. Mais ce changement nécessite des décisions politiques fortes, et un consensus qui peine encore à émerger. En attendant, les usagers continuent de financer la part la plus importante de l’effort.
©speedylife
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