Greffe : de nouvelles perspectives pour la médecine régénérative de la peau

Une avancée de plus pour la médecine : une équipe du « l’Institut de biologie François-Jacob », de l’Inserm et de l’Université de Paris, en collaboration avec I-Stem, le laboratoire de l’AFM-Télethon, et l’Université d’Évry, vient de publier une étude dans laquelle elle démontre le rôle central du « facteur de transcription KLF4 » dans le contrôle de la prolifération des cellules souches de l’épiderme et de leur capacité à régénérer ce tissu. Cette étude ouvre des perspectives pour la médecine régénérative de la peau. Elle a été publiée le 21 octobre dernier dans la revue scientifique Nature Biomedical Engineering.
L’organisme scientifique explique par communiqué que « l’épiderme humain se renouvelle entièrement tous les mois grâce à la présence de cellules souches dans sa couche la plus profonde, qui donnent naissance à l’ensemble des couches plus superficielles de ce tissu », ajoutant que « le décryptage des gènes assurant le contrôle du caractère souche, ou « stemness », reste à ce jour une énigme imparfaitement résolue, en particulier pour la peau humaine. »
Ainsi, ces découvertes d’une équipe de recherche française du CEA, de l’Inserm et de l’Université de Paris, générées en collaboration avec I-Stem, le laboratoire de l’AFM-Télethon, et l’Université d’Évry, « ouvrent des perspectives pour la médecine régénérative cutanée, en particulier pour la bio-ingénierie des greffons de peau destinés à la reconstruction tissulaire. » Le communiqué précise que « l’amplification massive en culture de cellules de l’épiderme (appelées kératinocytes) est nécessaire à la production de greffons ». Celle-ci « est effectuée à partir d’un échantillon de peau issu du patient qui contient des kératinocytes matures et une population minoritaire de cellules souches kératinocytaires. Cette phase d’amplification comporte un risque : elle peut s’accompagner d’une perte quantitative ou d’une altération des cellules souches, conduisant à une perte de potentiel régénératif. »
Les résultats de l’étude publiée dans Nature Biomedical Engineering montrent ainsi que « diminuer l’expression du gène KLF4 pendant la préparation du greffon favorise une amplification rapide de cellules souches fonctionnelles, sans altérer leur stabilité génomique. » Les kératinocytes amplifiés dans ces conditions « présentent un potentiel régénératif à long terme accru dans des modèles de reconstruction épidermique in vitro et de greffes in vivo ». L’Institut François-Jacob reste cependant prudent, affirmant que « ces résultats constituent une démonstration de principe, qui nécessite des développements complémentaires pour envisager des applications cliniques. » Pour illustrer ce propos, l’institut prend pour exemple « le soin des grands brûlés, des ulcères chroniques et la reconstruction mammaire. »





