Réparer son mobile : le nouveau réflexe de consommation éclairée

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Leur message est clair : ce n’est pas parce qu’un smartphone est vieux qu’il est obsolète.

Le 16 avril 2025, Back Market et iFixit ont dévoilé un partenariat stratégique destiné à inscrire la réparation dans le quotidien des consommateurs. Cette alliance pourrait bien accélérer une mutation déjà amorcée : la fin du réflexe d’achat neuf, au profit d’une consommation technologique plus sobre. En France, tout indique que les esprits sont prêts. Les habitudes, elles, vacillent.

Les Français plébiscitent la réparation… à certaines conditions

Une étude OpinionWay publiée le 17 avril 2025 et relayée par Usine Nouvelle, en partenariat avec Back Market, révèle une statistique inattendue : 94 % des Français affirment qu’ils pourraient garder leur téléphone bien plus longtemps, “à condition que les fabricants jouent le jeu”.

Autrement dit, le problème n’est pas la volonté. Il est systémique : entre mise à jour logicielle trop courte, indisponibilité des pièces détachées et réparations jugées trop chères, le consommateur se retrouve souvent piégé dans une spirale du renouvellement imposé.

Back Market et iFixit misent sur le réflexe « je garde »

C’est précisément cette barrière que le partenariat veut faire sauter. En intégrant directement les kits de réparation iFixit (pièces, outils, tutoriels) dans la plateforme de vente reconditionnée de Back Market, les deux marques veulent simplifier le geste réparateur, le rendre aussi banal qu’un achat sur Amazon.

« Nous voulons rendre la réparation aussi naturelle que le clic ‘ajouter au panier’ », explique iFixit dans son communiqué du 16 avril 2025. Une promesse simple, qui répond à une attente de fond : redonner au consommateur le pouvoir de décider de la fin de vie de son produit, au lieu de la subir.

Cette logique s’appuie sur un constat chiffré : 68 % des émissions de CO₂ d’un smartphone sont évitables si sa durée de vie est allongée à 10 ans. Et si cela fonctionne, l’impact sera massif : 21 millions de tonnes de CO₂ économisées chaque année à l’échelle mondiale, selon iFixit.

Moins consommer, mais mieux : une bascule culturelle en cours

En arrière-plan, c’est une mutation du rapport à la technologie qui se dessine. On achète encore, certes. Mais on achète moins vite, moins souvent, avec davantage de critères. Durabilité, réparabilité, impact écologique, coût à long terme : autant de notions qui montent dans les esprits.

Les fabricants, eux, peinent à suivre. Les politiques publiques avancent lentement : le bonus réparation peine à décoller, et la mise à disposition obligatoire des pièces détachées reste limitée à 5 ans. C’est dans ce vide que les entreprises comme iFixit et Back Market s’engouffrent. Leur message est clair : ce n’est pas parce qu’un smartphone est vieux qu’il est obsolète. Et ce n’est pas parce qu’une batterie flanche qu’il faut remplacer tout l’appareil.

Vers une consommation plus exigeante, plus responsable

Ce nouveau modèle pourrait bien rebattre les cartes du commerce électronique. Le consommateur de 2025, mieux informé, est aussi plus exigeant : il attend de pouvoir réparer facilement, comprendre l’impact environnemental de ses actes, et surtout faire durer ce qu’il achète.

La logique du “toujours plus” cède peu à peu la place à une exigence de sens. Les millennials et la génération Z, pourtant réputés friands de nouveautés, se révèlent être les plus enclins à réparer eux-mêmes leurs appareils. En témoigne le succès des tutoriels iFixit sur TikTok ou Instagram.

La réparation devient ainsi un marqueur de modernité. Non plus un pis-aller réservé aux bidouilleurs, mais un réflexe de consommation consciente. Et si Back Market et iFixit parviennent à démocratiser ce geste, ils auront peut-être, à leur manière, réinventé le commerce numérique.

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