En 2026, les pensions de retraite augmenteront de façon mécanique, selon un mécanisme prévu par la loi et indexé sur l’inflation. La revalorisation des pensions de retraite, présentée comme une garantie de maintien du pouvoir d’achat, révèle pourtant des effets contrastés selon les régimes et la part de revenus réellement concernée.
Retraite : Une hausse modeste, mais généralisée
Dès le 1ᵉʳ janvier 2026, les pensions de retraite de base seront revalorisées au rythme de l’inflation telle que mesurée par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Le ministère du Travail et des Solidarités a confirmé une augmentation de 0,9% pour l’ensemble des pensions de base, après que le Parlement a adopté le projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Cette décision met fin aux incertitudes qui avaient entouré la perspective d’une « année blanche » sans augmentation automatique.
Cette revalorisation trouve sa source dans le mécanisme prévu par le Code de la Sécurité sociale, qui indexe les pensions de base sur l’évolution des prix à la consommation hors tabac entre novembre 2024 et novembre 2025. Dans le contexte économique actuel, cette variation a été estimée à 0,9%, ce qui détermine directement l’augmentation des pensions de base au 1ᵉʳ janvier prochain.
Pour des millions de Français, ce chiffre peut sembler modeste — mais il rompt avec la crainte d’un gel pur et simple des pensions, et inscrit une progression du pouvoir d’achat dans les comptes sociaux du pays. Cette avancée concerne tous les régimes de base, qu’il s’agisse du régime général (salariés du privé), des caisses des agriculteurs (MSA), des retraités du public ou des régimes spéciaux.
Des écarts nets selon les régimes et les pensions
Si le taux de 0,9% est uniforme, les montants concrets perçus varient sensiblement selon les caisses et le niveau de pension. Sur la base des données des caisses de retraite, les hausses en euros reflètent non seulement l’indexation, mais aussi les disparités de niveau de pension entre les régimes. À titre d’exemple :
- La pension moyenne des anciens salariés d’EDF et GDF (régime CNIEG) s’établira à environ 3.095,61 € brut par mois, soit un gain de 27,61 € par mois ;
- Les retraités du régime de la Banque de France gagneront environ 24,70 € par mois ;
- Dans la fonction publique d’État, les civils verront leur pension évoluer d’environ 20 € mensuels ;
- Pour les salariés du régime général (CNAV), la moyenne mensuelle passera d’environ 814 € à 821,33 €.
Ce tableau montre que, si le taux est identique, le gain réel varie fortement selon le montant de la pension, avec une progression plus marquée en euros pour les pensions déjà plus élevées. C’est à ce titre que la mesure peut être perçue comme une avancée plus bénéfique à certains qu’à d’autres, même si la règle d’indexation reste la même pour tous.
Complémentaires : un calendrier séparé
Il est essentiel de distinguer la pension de base des retraites complémentaires. La hausse de 0,9% s’appliquera exclusivement à la part de la retraite dite de base. Les conventions de revalorisation des retraites complémentaires, notamment celles gérées par l’Agirc-Arrco pour les salariés du privé, sont fixées selon des calendriers propres et des négociations sociales distinctes. L’Agirc-Arrco n’a pas mis en œuvre de revalorisation au 1ᵉʳ novembre 2025, et la hausse qui interviendra en 2026 dépendra des accords entre partenaires sociaux et du contexte économique du moment.
Ainsi, pour un retraité du secteur privé percevant une pension globale combinant retraite de base et complémentaire, la part de revenu qui progressera en janvier 2026 ne sera que la part de base. Cette distinction, souvent méconnue, peut faire apparaître une hausse moins perceptible « sur le total » que le seul taux de 0,9% ne le laisse penser.
Un contexte politique et budgétaire serré
La mesure s’inscrit dans un contexte budgétaire tendu et de vifs débats parlementaires. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a été débattu dans un climat politique marqué par des désaccords sur plusieurs volets, dont la réforme des retraites et l’indexation des prestations sociales. Si l’Assemblée nationale a adopté le texte avec la revalorisation, les discussions portaient également sur d’autres options, comme des mécanismes ciblés réservés aux petites pensions, et des ajustements plus ou moins favorables à certaines catégories de retraités.
Ce contexte explique les hésitations et les propositions concurrentes entendues ces derniers mois, certains acteurs plaidant pour une revalorisation plus généreuse ou ciblée sur les pensions inférieures à un seuil donné, et d’autres soulignant les contraintes budgétaires qui s’imposent à l’État.
©speedylife
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