Ah, Nicolas Flamel, ses grimoires poussiéreux, ses formules cabalistiques et sa légendaire pierre philosophale… Depuis des siècles, transformer du plomb en or a été un fantasme tenace. Un peu comme croiser un dragon dans le métro : improbable, mais on garde espoir. Sauf qu’en 2025, un groupe de physiciens bien réels a décidé de jouer les magiciens — avec des particules.
Transformer le plomb en or ? Le CERN l’a fait !
Dans un communiqué publié le 8 mai 2025, le CERN (Organisation européenne pour la recherche nucléaire) a annoncé que son expérience ALICE était parvenue à produire 86 milliards de noyaux d’or. Comment ? En envoyant des noyaux de plomb se frôler à une vitesse hallucinante dans le LHC, ce gigantesque anneau de 27 kilomètres enterré sous la Suisse. Le choc électromagnétique expulse quelques protons, et paf : le plomb devient de l’or. Magique ? Non. Scientifique.
Avant de foncer vendre vos bijoux au profit d’un pot de confiture de plomb, deux précisions. D’abord, ce n’est pas un tour de passe-passe : chaque noyau d’or est produit par un phénomène appelé dissociation électromagnétique, qui demande une infrastructure digne d’un vaisseau spatial. Ensuite, cette « production » d’or reste… microscopique.
29 picogrammes en tout. Autrement dit : 0,000 000 000 029 gramme. En comparaison, un moustique en sueur pèse 100 milliards de fois plus. Et ne comptez pas sur une quelconque récup’ : ces noyaux d’or survivent à peine une fraction de seconde avant de se désintégrer comme un ballon dans un cactus. « L’or n’existe qu’une infime fraction de seconde », rappelle le CERN.
Si ce n’est pas pour se faire des bagues, alors… pourquoi ?
Ce n’est pas pour remplir les coffres de Fort Knox. Ni pour relancer la joaillerie genevoise. C’est pour la science. Cette transmutation moderne permet aux chercheurs de mieux comprendre comment interagissent des particules dans des conditions extrêmes — du genre qu’on ne trouve qu’à quelques microsecondes après le Big Bang.
En analysant ces collisions ultra-périphériques, les équipes d’ALICE affinent les modèles utilisés pour prédire le comportement des faisceaux de particules dans les accélérateurs. Et ça, c’est crucial si l’on veut un jour explorer plus loin les lois de la physique, voire construire de nouveaux collisionneurs encore plus fous.
Peut-on un jour imaginer une usine à or nucléaire ? Alors là… non. Vraiment non. C’est comme si vous faisiez fondre la Tour Eiffel pour allumer une bougie. La quantité d’énergie nécessaire pour produire cette micro-poussière dorée est astronomique. Sans compter que l’or fabriqué est instable, non récupérable et tellement pur qu’il en devient inutilisable pour la moindre application concrète.
©speedylife
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