Aspartame et cancer : la pétition qui pourrait tout changer

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aspartame sucre©speedylife

L’aspartame, édulcorant controversé classé « cancérogène possible » par l’OMS, est au cœur d’une nouvelle offensive citoyenne. Foodwatch, Yuka et la Ligue contre le cancer ont lancé une pétition visant son interdiction dans toute l’Europe.

Un édulcorant omniprésent, mais suspect

Sucres « zéro », sodas light, yaourts allégés : l’aspartame se cache dans plus de 2.500 produits consommés au quotidien en Europe. Conçu dans les années 1960 aux États-Unis, cet édulcorant est 200 fois plus sucré que le saccharose et permet aux industriels de réduire les calories sans compromettre le goût sucré. Parmi les produits phares concernés, on retrouve des marques telles que Coca-Cola Zero, Pepsi Max et les chewing-gums Mentos ou Hollywood.

Malgré son succès commercial, l’aspartame suscite depuis longtemps la méfiance des experts. En juillet 2023, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) l’a classé comme « cancérogène possible pour l’homme ». En parallèle, des études mettent en avant un risque accru de maladies cardiovasculaires, de diabète de type 2, et même de cancer avec une consommation régulière.

Julie Chapon, co-fondatrice de Yuka, souligne que « c’est aujourd’hui l’un des additifs les plus problématiques encore autorisés sur le marché ». Face à ces préoccupations, des associations appellent désormais à une mobilisation citoyenne pour forcer les décideurs politiques à prendre des mesures.

Une pétition pour pousser l’Europe à agir

Le 4 février 2025, Yuka, Foodwatch et la Ligue contre le cancer ont officiellement lancé une pétition européenne, espérant recueillir un million de signatures. Cette initiative vise à obliger la Commission européenne à se saisir du dossier. Les trois organisations rappellent que « le principe de précaution prévu par la réglementation européenne exige de l’interdire ».

Dans un communiqué, elles dénoncent l’inaction des autorités sanitaires face à des signaux d’alerte répétés. Si certains États membres de l’Union européenne se montrent favorables à un débat, les industriels de l’agroalimentaire font front. Pour eux, les données scientifiques actuelles restent insuffisantes pour justifier une interdiction, et une telle décision entraînerait un choc économique en obligeant des entreprises comme Coca-Cola ou Nestlé à reformuler de nombreux produits.

Philippe Bergerot, président de la Ligue contre le cancer, insiste : « On ne pourra pas dire qu’on ne savait pas. Nous demandons à nos décideurs de prendre leurs responsabilités ». L’enjeu est d’autant plus important que les consommateurs, de leur côté, se montrent de plus en plus attentifs aux étiquettes et aux additifs présents dans les produits qu’ils achètent.

Camille Dorioz, directeur des campagnes de Foodwatch, conclut : « L’Europe doit cesser de tergiverser. Un additif comportant autant de risques n’a pas sa place dans notre alimentation ».

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