Birkenstock : la justice allemande refuse de classer ses sandales comme des œuvres d’art

Depuis plusieurs années, Birkenstock mène un combat acharné contre les marques qui s’inspirent de ses designs pour proposer des modèles similaires.
L’affaire était ambitieuse, presque culottée : Birkenstock voulait que ses célèbres sandales à semelle de liège soient reconnues comme des œuvres d’art. Un pari juridique risqué, qui s’est soldé par un échec. Le 20 février 2025, la Cour fédérale de justice allemande a confirmé ce que la cour d’appel de Cologne avait déjà statué en 2024 : les sandales Birkenstock ne peuvent pas bénéficier de la protection du droit d’auteur. Une décision qui met un frein aux ambitions de la marque, bien décidée à verrouiller le marché face aux copies qui pullulent.
Les copies de Birkenstock dans le viseur
Depuis plusieurs années, Birkenstock mène un combat acharné contre les marques qui s’inspirent de ses designs pour proposer des modèles similaires à moindre coût. La griffe allemande a donc tenté une stratégie audacieuse : faire reconnaître ses sandales comme des créations artistiques et non de simples produits utilitaires. En gagnant ce statut, elles auraient bénéficié d’une protection renforcée, rendant toute reproduction ou inspiration strictement interdite. Mais la justice allemande a tranché en sens inverse, estimant que leur conception répond davantage à des critères techniques et fonctionnels qu’à une démarche purement artistique.
Le verdict n’est pas une surprise pour les experts en droit de la mode. La protection du droit d’auteur exige une « individualité artistique » qui dépasse l’utilitaire. Selon la Cour, les formes et matériaux utilisés par Birkenstock sont dictés par des impératifs ergonomiques et industriels, non par une intention artistique pure.
D’autres procès en cours pour limiter la casse
Ce revers ne signifie pas la fin de la guerre pour Birkenstock. L’entreprise, qui appartient en partie à un fonds lié à LVMH, mène des combats similaires en France, aux Pays-Bas, au Danemark et en Suisse, et pourrait bien tenter de porter l’affaire devant la Cour européenne de justice. Pour l’instant, elle devra compter sur d’autres moyens juridiques, comme le dépôt de marques et de brevets, pour protéger son territoire face à la fast-fashion qui lorgne sur son héritage.
En Bourse, le coup est immédiat : l’action Birkenstock recule de 0,51 %, un léger frémissement qui illustre la prudence des investisseurs. Mais la marque reste une valeur sûre, ancrée dans son époque, entre luxe et confort. Elle continue d’être une référence incontournable, que ce soit sur les podiums ou dans les rues, preuve que l’authenticité d’un design se mesure aussi à son adoption massive.






