Shein, Temu… et après ? Ce qui pourrait changer pour les amateurs de fast-fashion

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Shein, Temu… et après ? Ce qui pourrait changer pour les amateurs de fast-fashion © Speedy life

Le signal envoyé est fort : la fast-fashion low-cost est dans le collimateur du législateur français.

L’achat compulsif de vêtements à bas prix depuis un smartphone pourrait bientôt relever du passé. Les consommateurs, souvent séduits par les offres ultra-compétitives de géants comme Shein ou Temu, pourraient voir leur expérience d’achat profondément bouleversée.

Fast-fashion : Une taxe par colis, votée au Sénat

Jeudi 30 mai 2025, le Sénat a voté une mesure qui n’a rien d’anodin : l’instauration d’une taxe forfaitaire de deux euros par colis pour les produits de mode importés depuis des pays extra-européens, principalement ceux acheminés depuis la Chine. Cette taxe pourra grimper jusqu’à dix euros pour les articles considérés comme fortement polluants ou écologiquement problématiques.

Objectif affiché : lutter contre l’impact environnemental de la fast-fashion, tout en rééquilibrant la concurrence entre les acteurs locaux et les plateformes asiatiques qui bénéficient d’un système logistique et fiscal avantageux.

Des demandes de déréférencement à la chaîne

En parallèle, les fédérations françaises du commerce – parmi lesquelles Procos (Fédération pour la promotion du commerce spécialisé) et la FCD (Fédération du commerce et de la distribution) – ont adressé des demandes officielles au gouvernement pour faire retirer des moteurs de recherche les plateformes comme Shein, Temu et AliExpress.

Dans un communiqué commun diffusé le 3 juin 2025, elles dénoncent « un système de vente qui contourne les règles européennes sur la sécurité, la traçabilité et les droits sociaux ». Elles pointent aussi du doigt des taux « anormalement élevés de non-conformité des produits vendus, atteignant 95 % selon certaines inspections de la DGCCRF », la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes.

Wish : le précédent qui pourrait être pris en exemple

Pour les consommateurs réguliers de ces plateformes, le spectre de l’affaire Wish plane. En novembre 2021, la plateforme de commerce électronique avait été déréférencée des moteurs de recherche en France sur décision du ministère de l’Économie. Le site et son application mobile étaient alors devenus difficilement accessibles sans lien direct. L’accusation portait déjà sur la vente massive de produits non conformes, voire dangereux, notamment des jouets, appareils électroniques ou bijoux. Malgré les recours juridiques de l’entreprise, la décision avait été maintenue plusieurs mois, affectant fortement sa visibilité et ses ventes.

Les mesures votées ou demandées ces derniers jours pourraient alourdir la facture pour les consommateurs. Un t-shirt à 4 euros acheté chez Temu pourrait coûter 6 euros ou plus une fois la taxe appliquée. Les prix ultra-compétitifs pourraient perdre de leur attractivité.

Par ailleurs, en cas de déréférencement effectif, trouver les sites visés sur Google ou via une application mobile deviendrait plus difficile, voire impossible sans détour technique.

Et maintenant ?

Rien n’est encore définitif. La taxe votée par le Sénat doit être validée par l’Assemblée nationale. Quant aux demandes de déréférencement, elles nécessitent des procédures administratives complexes et un avis conforme des autorités de régulation.

Mais le signal envoyé est fort : la fast-fashion low-cost est dans le collimateur du législateur français.

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