Frais bancaires : ce qui fait gonfler la facture en 2025

En 2025, les frais bancaires progressent trois fois plus vite que l’inflation. La hausse vise surtout la tenue de compte et les cartes, alors que les outils numériques demeurent gratuits
Compte courant, carte, opérations simples : la banque revoit ses prix. Pas de bouleversement brutal, mais des hausses qui s’additionnent. Le dernier rapport de l’Observatoire des tarifs bancaires révèle les tendances 2025 et quelques surprises pour les clients.
Frais bancaires : Une hausse qui dépasse les prix à la consommation
Les tarifs bancaires repartent à la hausse en 2025. Selon le 14ᵉ rapport annuel de l’Observatoire des tarifs bancaires (OTB), publié le 7 octobre, les services bancaires coûtent 3,1% de plus qu’il y a un an. Pendant ce temps, l’inflation générale s’est limitée à 1% selon l’Insee. Autrement dit, le prix de la banque progresse trois fois plus vite que celui du panier moyen.
L’augmentation n’est pas brutale mais s’ajoute à celle de 2024. En deux ans, la facture a pris plus de 6%. Les banques expliquent qu’elles avaient gelé certains tarifs au moment où tout renchérissait, pour ne pas aggraver la perte de pouvoir d’achat. Elles rattrapent désormais ce retard.
Les comptes courants deviennent payants
Le poste qui pèse le plus lourd est la tenue de compte. Ce service de base, souvent gratuit il y a quelques années, coûte maintenant autour de 22 € par an, contre moins de 19 € fin 2023. Quelques établissements ont même introduit un tarif unique de 24 € pour des comptes qui n’avaient jamais été facturés.
Les cartes bancaires suivent le même chemin : les cotisations annuelles montent d’environ 3% qu’elles soient à débit immédiat ou différé. Pour un foyer qui possède plusieurs cartes, la hausse devient vite visible.
Selon la Fédération bancaire française, ces ajustements viennent surtout « des investissements dans les systèmes d’information et des coûts humains » : sécurité des paiements, conformité, traitement des opérations.
Aller au guichet coûte plus cher
Passer par une agence devient moins avantageux. Un virement effectué au comptoir revient en moyenne à 5 €, soit environ 4% de plus qu’en 2024. Depuis quelques années, ce prix a bondi de plus de 30%. Les banques préfèrent que leurs clients fassent ces démarches en ligne, bien moins chères à gérer.
Même constat pour les retraits d’argent hors réseau : le premier retrait payant coûte désormais 1 €. Pour la plupart des clients qui utilisent carte ou téléphone, l’impact reste limité, mais ceux qui se déplacent encore souvent pour retirer du liquide paient plus facilement des frais.
Les clients fragiles un peu mieux protégés
Un point positif ressort du rapport : la protection des publics fragiles progresse. L’offre spécifique (OCF), destinée aux personnes en difficulté financière, reste plafonnée à 12 € par an. Près de 99% des banques respectent ce seuil, et plus de la moitié n’appliquent aucun frais d’incident aux bénéficiaires.
Pour les associations de consommateurs, cette avancée ne suffit pas. La présidente de l’UFC-Que Choisir rappelle que « moins de 10% des établissements proposent encore la gratuité totale de la tenue de compte ». Elle alerte aussi sur les frais fixes appliqués aux découverts, qui peuvent transformer un petit dépassement en coût disproportionné.
Les services en ligne restent un refuge
Bonne nouvelle pour les utilisateurs connectés : les opérations numériques restent gratuites ou presque. Consulter ses comptes, faire un virement sur son téléphone ou gérer sa carte via l’application ne coûte rien dans la majorité des établissements.
C’est une stratégie assumée : pousser les clients vers le digital pour réduire les frais liés aux agences. Les néobanques — Nickel, N26, Revolut — désormais intégrées au suivi de l’OTB, accentuent cette pression sur les acteurs traditionnels en gardant la gratuité sur la gestion de compte.
Ce qu’il faut retenir
- Les tarifs bancaires montent plus vite que l’inflation (+3,1 % contre +1 %).
- La tenue de compte explose : environ 22 € par an, parfois 24 €.
- Les cartes bancaires coûtent plus cher (+3%).
- Les opérations en agence deviennent un luxe (virement ≈ 5 €).
- L’offre spécifique reste protégée pour les clients fragiles.
- Le numérique demeure gratuit et peut faire baisser la facture.
Pour limiter l’impact, surveillez les frais appliqués à votre compte, comparez les offres et privilégiez les opérations en ligne quand c’est possible.






