Aspartame : l’Europe le déclare sans risque malgré 400 000 pétitionnaires

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L’aspartame, présent dans plus de 2 500 produits en Europe, est ciblé par une pétition visant son interdiction. © Pixabay

Le 10 septembre 2026, l’EFSA déclare l’aspartame sans danger, confirmant une dose journalière admissible de 40 mg/kg. Mais 400 000 Européens ont signé une pétition pour son interdiction, soutenus par Foodwatch, Yuka et la Ligue contre le cancer.

Le 10 septembre 2026, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a déclaré que le sel d’aspartame-acésulfame est sans danger aux niveaux de consommation actuels. Cependant, plus de 400 000 Européens ont signé une pétition pour son interdiction préventive, illustrant un fossé entre les régulateurs et les consommateurs inquiets. Qui croire dans ce débat ?

Le point de vue de l’EFSA : l’aspartame est sûr

L’EFSA maintient la dose journalière admissible (DJA) de l’aspartame à 40 mg par kilogramme de poids corporel. Pour un adulte de 70 kg, cela équivaut à 2 800 mg d’aspartame par jour, soit environ 14 canettes de soda light. L’acésulfame K a une DJA de 15 mg/kg. Le sel d’aspartame-acésulfame (E 962) se décompose en aspartame et acésulfame après ingestion.

Selon l’EFSA, « l’Autorité européenne de sécurité des aliments n’a identifié aucun problème de sécurité avec l’aspartame ». Cet avis a été adopté en juillet 2026 par le Panel sur les Additifs Alimentaires et les Aromatisants (FAF).

L’EFSA a publié son avis dans un climat de méfiance. Foodwatch, Yuka et la Ligue contre le cancer ont qualifié la décision de « scandaleuse », citant des études indépendantes indiquant des risques pour la santé. Les annonces simultanées de l’EFSA et des ONG ont engendré une confusion médiatique qui a perturbé les consommateurs.

Mobilisation : une pétition de 400 000 signatures

La pétition pour interdire l’aspartame dans l’UE a atteint 400 000 signatures, reflet d’une inquiétude partagée. Les signataires demandent l’application du principe de précaution, soulignant qu’absence de preuve n’est pas preuve d’absence. Ils plaident pour une prudence face aux incertitudes scientifiques.

Foodwatch, Yuka et la Ligue contre le cancer forment un front uni contre l’aspartame. Foodwatch surveille les pratiques alimentaires industrielles, Yuka influence les choix de consommation avec son application, et la Ligue contre le cancer apporte une légitimité médicale. Ces organisations critiquent la méthodologie de l’EFSA, affirmant que des études récentes ont documenté des risques de santé ignorés par l’agence.

La classification de l’OMS en 2023 : un tournant

En 2023, le CIRC, agence de l’OMS, a classé l’aspartame comme « potentiellement cancérigène pour l’homme », marquant un point de bascule médiatique. Cette classification évalue un danger potentiel mais pas le risque réel, une nuance souvent manquée par le public. Le CIRC classe les substances en fonction de leur cancérogénicité. L’aspartame est dans le groupe 2B, comme les cornichons et le café, basé sur des preuves limitées. Cette classification ne précise pas les doses ou l’ampleur du risque.

La classification a créé un paradoxe : le CIRC alerte sur un danger potentiel, tandis que le JECFA maintient la DJA. Ces messages contradictoires ont semé la confusion parmi les consommateurs, alimentant des initiatives comme la pétition européenne.

EFSA et ONG : deux approches divergentes du risque

Le différend entre l’EFSA et les ONG met en lumière deux approches du risque. L’EFSA évalue le risque quantitativement, alors que les ONG prônent le principe de précaution. Les deux positions reposent sur des priorités différentes, aucune n’étant scientifiquement erronée.

Les ONG critiquent les liens supposés entre l’EFSA et l’industrie, valorisant les études indépendantes montrant des effets à des doses inférieures aux seuils réglementaires. L’EFSA applique une méthodologie standardisée, intégrant toute la littérature scientifique avec des critères stricts.

L’aspartame dans l’alimentation : où le trouver et comment se protéger

L’aspartame est présent dans de nombreux produits : sodas light, yaourts 0 %, chewing-gums sans sucre, desserts allégés, médicaments en sirop. Il est 350 fois plus sucrant que le sucre, rendant sa lecture sur les étiquettes essentielle, sous les codes E 951 ou E 962.

Les boissons sans sucre sont la principale source d’aspartame. Une canette de 33 cl contient environ 200 mg d’aspartame. Les chewing-gums sans sucre en contiennent 5 à 15 mg par tablette. Les yaourts allégés et produits « fitness » complètent la liste. Une consommation excessive d’édulcorants a été liée à des risques cardiovasculaires.

Pour un adulte de 60 kg, la DJA est de 2 400 mg par jour, soit 12 canettes de soda light. Pour un enfant de 30 kg, c’est 1 200 mg, soit 6 canettes. Les Européens consomment généralement moins que ces seuils, mais les gros consommateurs de produits light peuvent s’en approcher.

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