E.Macron : de la promesse du renouveau à l’accélération du déclin ?

Publié le
Lecture : 2 min

En 2017, Emmanuel Macron incarnait l’idée de renaissance nationale. Huit ans plus tard, le rêve s’est mué en désillusion. Pour Sébastien Laye, le macronisme n’a pas modernisé la France : il a amplifié ses fractures et précipité son affaiblissement. Retour sur une promesse trahie.

Un président brillant mais déconnecté

Macron a été présenté comme un prodige. Jeune, diplômé, cultivé, réformateur. Laye montre au contraire qu’il n’a jamais eu de véritable culture économique. C’est un littéraire, un homme d’image, un technocrate séduisant mais peu intéressé par les équilibres réels. Ce malentendu originel explique la gestion hésitante et contradictoire de son premier quinquennat. Le macronisme se voulait libéral. Dans les faits, il a renforcé l’État. Plus de normes, plus de dépenses, plus de centralisation. Les aides ciblées ont proliféré. Les dispositifs publics se sont empilés. La France a glissé vers un capitalisme de connivence où l’accès aux circuits publics, aux subventions ou aux marchés d’État détermine en partie la réussite économique.

Le double « quoi qu’il en coûte »

Après le Covid, l’État a continué à distribuer massivement, au nom de la paix sociale. La facture est colossale. Entre 2020 et 2024, la dette a augmenté de 700 milliards d’euros, tandis que le PIB n’a progressé que de 300 milliards. Laye y voit un déséquilibre historique, symptomatique d’un pouvoir qui préfère acheter du temps que transformer le pays. Le livre explore en détail la gestion erratique de l’immobilier, de l’énergie et de l’industrie. Les décisions sur les DPE, la rénovation énergétique ou la taxe foncière ont contribué à asphyxier un secteur déjà fragile. La politique énergétique a oscillé entre hostilité au nucléaire et revirements tardifs. L’industrie a été gérée par les subventions plutôt que par une vision stratégique.

Pour Laye, E.Macron n’est pas seulement une anomalie. Il est le résultat d’un système technocratique qui confond talent intellectuel et aptitude à gouverner. Le président incarne une élite brillante mais déconnectée, capable de séduire, mais incapable de transformer. Le macronisme aura été la dernière manifestation d’un modèle à bout de souffle.

Des Moutons ânes Sebastien Laye©speedylife

Laisser un commentaire