Gaspillage alimentaire : pourquoi Noël reste un point noir pour les ménages

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Noël 2024 : la revente de cadeaux, une tradition bien installée©speedylife

Le gaspillage alimentaire à Noël ne pose pas seulement un problème environnemental.

À Noël, la table déborde. Les plats s’enchaînent, les portions gonflent et les réfrigérateurs se remplissent à l’excès. Dans les foyers français, cette abondance festive reste profondément ancrée. Pourtant, derrière l’image chaleureuse des fêtes, le gaspillage alimentaire atteint un pic préoccupant. Chaque année, Noël concentre des comportements d’achat et de consommation qui pèsent lourdement sur l’alimentation des ménages, leur budget et l’environnement.

Noël, un moment clé de surconsommation alimentaire

Pour beaucoup de Français, Noël rime encore avec générosité culinaire. On prévoit large, on anticipe, on achète plus que nécessaire. Cette logique repose sur des réflexes bien connus. D’abord, l’envie de bien recevoir. Ensuite, la peur de manquer à un moment symbolique. Enfin, les promotions de fin d’année qui incitent à remplir les chariots.

Les chiffres sont sans appel. Selon une étude récente publiée par Too Good To Go en décembre 2025, 56 % des Français reconnaissent acheter trop de nourriture pour Noël. Dans le même temps, 63 % déclarent consommer davantage qu’à l’ordinaire pendant les fêtes. Autrement dit, Noël modifie profondément les habitudes alimentaires, au détriment de la juste mesure.

Cette surconsommation n’est pas marginale. Elle touche toutes les catégories de ménages et s’explique par une combinaison de facteurs. L’étude montre que 43 % des Français achètent trop par envie de faire plaisir, tandis que 24 % invoquent la peur de manquer. À cela s’ajoutent la difficulté à estimer les bonnes quantités et l’attrait des offres promotionnelles, omniprésentes à Noël. Résultat, l’alimentation devient un marqueur social autant qu’un terrain d’excès.

Le gaspillage alimentaire explose pendant les fêtes

Cette abondance a un revers immédiat. À Noël, le gaspillage alimentaire augmente nettement. Toujours selon Too Good To Go, près de huit Français sur dix jettent de la nourriture pendant les fêtes. Parmi eux, 16 % gaspillent davantage qu’à l’accoutumée, confirmant l’effet amplificateur de Noël sur les pertes alimentaires.

Certains produits sont particulièrement concernés. Le pain arrive largement en tête. En 2025, 57 % des Français déclarent en gaspiller à Noël, contre 37 % deux ans plus tôt. Les accompagnements, comme les légumes, les pommes de terre ou les salades, suivent de près. Les desserts, souvent achetés ou préparés en trop grande quantité, figurent également parmi les aliments les plus jetés.

À l’inverse, les produits coûteux ou symboliques, comme le foie gras, sont peu gaspillés. Ce contraste révèle une réalité simple. Plus un aliment est perçu comme précieux, moins il finit à la poubelle. À Noël, le gaspillage alimentaire concerne donc surtout les produits jugés secondaires, alors même qu’ils représentent des volumes importants.

« À Noël, la générosité s’exprime encore par l’abondance sur la table », explique Clémentine Lindon, porte-parole de Too Good To Go France, dans le communiqué diffusé le 18 décembre 2025. Elle souligne cependant que cette tradition entre désormais en tension avec une conscience écologique de plus en plus présente dans les foyers.

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