Depuis le 2 avril 2025, Donald Trump a annoncé une série de droits de douane punitifs, réveillant un bras de fer commercial que l’Europe ne compte pas laisser passer. À l’horizon : une hausse des tarifs des services de streaming. Le spectre d’un euro, voire deux, en plus sur votre facture mensuelle commence à se préciser.
Abonnements sous pression : l’Union européenne vise les services numériques
L’annonce est tombée comme une grenade diplomatique. Dès le 2 avril 2025, les produits européens sont frappés par une taxe de 20 % à l’entrée du territoire américain. Aluminium, acier, et désormais tout ce qui traverse l’Atlantique en direction des États-Unis. Dans cette surenchère douanière, l’Union européenne prépare la contre-offensive. Et cette fois, ce ne sont pas les machines-outils ou les vins de Bourgogne qui sont dans le viseur, mais les services numériques venus de Californie. « La deuxième riposte […] concernera l’ensemble des produits et des services américains. J’insiste bien sur services. » a déclaré Sophie Primas, porte-parole du gouvernement français sur RTL.
Entendez : Netflix, Prime Video, Disney+, Apple TV+, mais aussi les géants du cloud comme Amazon Web Services ou Google Cloud. Des noms familiers, omniprésents, installés dans nos usages quotidiens. Et qui pourraient, très vite, faire l’objet d’un renforcement fiscal ciblé.
Le streaming, nouvelle ligne de front d’une guerre commerciale
Pourquoi ces plateformes ? Parce qu’elles symbolisent la domination américaine sur un marché stratégique : la culture, les données, les usages numériques. Déjà assujetties à des taxes spécifiques en France — notamment pour le financement de la production audiovisuelle nationale, qui a rapporté 362 millions d’euros en 2023 — elles pourraient se voir imposer une surcouche tarifaire européenne en guise de représailles.
Et les conséquences seraient immédiates pour les utilisateurs français. Selon 20 Minutes, une augmentation de 1 à 2 euros par mois est envisagée pour les abonnements. D’autres estimations plus techniques évoquent une hausse comprise entre 5 et 8 %, selon le niveau de taxation appliqué. Un chiffre à relativiser ? Pas vraiment. Car les plateformes n’hésitent plus à repasser la facture au consommateur, comme Netflix l’a démontré lors de sa dernière hausse tarifaire… qui n’a pas empêché un rebond du nombre d’abonnés.
Une facture politique… et économique
Derrière cette querelle douanière, se cache une logique plus large. Celle d’une guerre commerciale assumée, orchestrée par Donald Trump dans le cadre de sa stratégie « America First ». Le déficit commercial américain atteint un niveau record (920 milliards de dollars en 2024), et le président américain entend le corriger à coups de sanctions économiques. L’Europe, qualifiée d’« agresseur fiscal », est désormais en ligne de mire.
Côté français, l’inquiétude monte. L’impact se ferait ressentir au-delà du streaming : les services cloud (Amazon, Microsoft, Google), les achats d’applications, les abonnements à des suites logicielles, voire à des outils de bureautique. Sans oublier les entreprises françaises qui dépendent de ces outils pour leurs activités. En creux, une équation impossible : comment sanctionner les géants du numérique sans pénaliser directement les citoyens européens qui consomment leurs services ? L’effet boomerang est à craindre.
À ce jour, aucun décret européen n’a encore été signé. Les négociations sont en cours entre les États membres, et l’exécutif européen joue la montre, tout en évoquant une mise en œuvre possible d’ici la fin du mois d’avril 2025. Bruxelles hésite entre une taxe ciblée, une modulation de la TVA ou un prélèvement additionnel pour les géants américains.







