Le Pape François hospitalisé pour une bronchite : le monde chrétien s’inquiète

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Le Pape François, âgé de 88 ans, a été hospitalisé à Rome pour une bronchite qui semble plus sérieuse qu’annoncée. Officiellement stable, mais en réalité sous surveillance médicale stricte, sa santé pose des questions sur la continuité de son ministère.

Depuis le vendredi 16 février 2025, le Pape François est hospitalisé à l’hôpital Gemelli de Rome. Ce qui devait être une prise en charge classique pour une bronchite a pris une tournure plus complexe, selon les récentes déclarations du Vatican. L’état de santé du Pape, déjà sujet à de nombreuses préoccupations ces dernières années, soulève des interrogations sur la gouvernance du Vatican et l’avenir immédiat du Saint-Siège.

Un état clinique plus inquiétant qu’annoncé

Depuis son hospitalisation, le Vatican a communiqué à plusieurs reprises sur l’état du Pape François. Officiellement, il est stable, conscient, et continue de suivre ses dossiers. Pourtant, un bulletin de santé publié le lundi 17 février évoque une infection polymicrobienne des voies respiratoires, nécessitant une modification de son traitement. Matteo Bruni, porte-parole du Vatican, a tenté de rassurer en déclarant que le Pape avait passé une nuit tranquille, était de bonne humeur et suivait son traitement. Cette déclaration masque l’inquiétude grandissante au sein de l’Église catholique.

Le souverain pontife a déjà été hospitalisé à plusieurs reprises ces dernières années. En juillet 2021, il a subi une opération du côlon qui a nécessité une hospitalisation de dix jours. En mars 2023, il a été admis pour une infection pulmonaire, restant hospitalisé trois jours. Quelques mois plus tard, en juin 2023, il a subi une intervention pour une hernie abdominale, nécessitant cinq jours de soins en milieu hospitalier. Aujourd’hui, cette nouvelle hospitalisation pour bronchite, dont la durée reste indéterminée, soulève des inquiétudes légitimes quant à sa capacité à continuer à diriger l’Église catholique.

Une santé déjà fragile et un agenda bousculé

L’état de santé du Pape François s’est progressivement détérioré ces dernières années. En janvier 2025, il est apparu avec un bras en écharpe après une chute à sa résidence. En décembre 2024, il présentait un large hématome au menton après s’être cogné contre sa table de nuit. À cela s’ajoutent des douleurs chroniques au genou qui l’obligent à se déplacer en fauteuil roulant depuis plusieurs mois.

Sa bronchite l’a déjà contraint à annuler son audience générale du 12 février, un événement où il devait prononcer une catéchèse qu’il n’a finalement pas pu lire lui-même. Son incapacité à tenir son emploi du temps inquiète ses proches et les fidèles, d’autant plus qu’il est censé présider l’Année jubilaire 2025, un événement religieux majeur qui nécessite une forte implication du souverain pontife.

Une transition à prévoir au Vatican ?

La question d’une éventuelle démission du Pape François se pose avec insistance. Contrairement à ses prédécesseurs, il n’a jamais exclu cette possibilité. En 2013, Benoît XVI avait ouvert la voie en renonçant à sa charge, une décision historique qui pourrait bien inspirer François. Si une telle éventualité se confirmait, le processus serait strictement encadré. Il débuterait par une annonce officielle du Pape, suivie d’une réunion du Collège des Cardinaux pour organiser un conclave. Ensuite, l’élection d’un nouveau Pape serait menée après plusieurs jours de délibérations au Vatican. Ce scénario reste hypothétique, mais avec un souverain pontife affaibli et un Vatican en plein tumulte, les grandes manœuvres pourraient bientôt commencer.

Conséquences géopolitiques : un Pape diminué, un Vatican fragilisé

La santé du Pape François ne concerne pas uniquement les fidèles catholiques. Le Vatican joue un rôle diplomatique majeur, notamment sur des questions sensibles comme la guerre en Ukraine, les conflits au Moyen-Orient et les débats internationaux sur l’environnement.

Si le Pape François venait à se retirer, la ligne progressiste qu’il a instaurée pourrait être remise en cause. Certains courants conservateurs de l’Église catholique attendent une transition pour tenter de restaurer une vision plus traditionnelle. L’absence d’un chef fort pourrait affaiblir la voix du Vatican sur la scène internationale. Le Pape François a souvent pris position sur des sujets diplomatiques majeurs, et une instabilité au sommet de l’Église pourrait modifier les équilibres mondiaux.

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