Compteur Linky : ce que vous paierez si vous le refusez encore

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Équipement du quotidien ou intrus numérique ? Derrière sa façade anodine, le compteur Linky s’apprête à changer la donne pour ceux qui le refusent encore. Et cette fois, ce sera sur la facture que ça se ressentira.

Une décision qui touche directement votre budget domestique

Il est vert, il est digital, il communique tout seul… et il divise. Le compteur Linky, installé chez la majorité des Français, reste encore boudé par environ deux millions de foyers. Mais à partir du 1er août 2025, ce choix de non-installation ne sera plus neutre financièrement.

Enedis, gestionnaire du réseau électrique, va désormais facturer un forfait de 6,48 euros tous les deux mois à ces consommateurs réfractaires, soit 38,88 euros par an, même si ces derniers relèvent eux-mêmes leur consommation.

Et ce n’est pas tout. Ceux qui n’envoient pas leur index paieront 4,14 euros supplémentaires tous les deux mois, pour un total qui grimpe à 63,72 euros annuels. Une somme modeste, mais qui s’ajoute à un contexte déjà tendu pour de nombreux budgets.

Pourquoi ce surcoût, et pourquoi maintenant ?

Ce changement s’explique par une logique simple : le coût caché du refus. Enedis continue de gérer à part ces logements hors réseau intelligent, ce qui implique des relèves manuelles, des traitements spécifiques, et une organisation parallèle.

Une décision de la Cour de cassation d’avril 2025 a tranché : Enedis peut faire payer cette différence. En somme, le compteur Linky devient la norme, et refuser cette norme, c’est aussi en assumer le prix logistique.

Le choix d’Enedis : efficacité et équité

Pour Enedis, ce passage à la facturation n’est pas une sanction, mais une nécessité de gestion. La coexistence de deux systèmes de comptage – l’un automatisé, l’autre entièrement manuel – représente une charge technique et économique croissante. Les interventions sur site, la gestion individualisée des relèves, les envois postaux… tout cela a un coût.

Enedis justifie cette mesure par un principe d’équité tarifaire. Ceux qui refusent le compteur communicant bénéficiaient jusqu’ici d’un service équivalent sans en payer le prix réel. Le nouveau forfait vise à rétablir cet équilibre, sans imposer à l’ensemble des consommateurs le financement de la minorité réfractaire. L’entreprise précise aussi que cette facturation permet de maintenir un service fiable, tout en concentrant ses efforts sur l’amélioration du réseau global.

Linky, entre confort d’usage et défiance persistante

Mais pourquoi certains foyers s’y opposent-ils encore ? Pour beaucoup, le Linky suscite de vraies réticences : crainte des ondes électromagnétiques, peur d’une surveillance excessive, ou simplement rejet d’un objet qu’ils n’ont pas choisi.

Ces préoccupations sont compréhensibles, mais les données actuelles permettent de faire la part des choses. L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a étudié les émissions du compteur et a conclu que les niveaux d’ondes sont bien inférieurs à ceux générés par des appareils usuels comme les micro-ondes ou les box Internet. Du côté de la vie privée, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) rappelle que les données fines de consommation ne peuvent être exploitées par Enedis qu’avec l’autorisation explicite de l’usager. Le cadre juridique protège les données personnelles et en limite la durée de conservation.

Sur le plan pratique, les utilisateurs de Linky bénéficient de plus de souplesse : changement de contrat à distance, suivi en temps réel de la consommation, détection plus rapide des pannes.

Ce que cela change, concrètement, chez vous

La vraie question, c’est celle-ci : est-ce que refuser Linky vaut les quelques dizaines d’euros de plus par an et la contrainte de relever vous-même votre compteur tous les deux mois ? Pour certains, la réponse est encore oui, pour d’autres, ce sera peut-être l’élément déclencheur d’un basculement.

À partir du 1er août 2025, il ne sera plus possible de refuser Linky sans en ressentir les effets sur sa facture d’électricité, sa relation avec son fournisseur, ou son quotidien numérique. La modernisation énergétique s’invite dans nos foyers, que l’on y soit prêts ou pas.

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