« Ne laissez personne vous expliquer que la France serait condamnée à la médiocrité administrée » Sebastien Laye

Publié le
Lecture : 3 min
Des Moutons ânes Sebastien Laye©speedylife

Publié chez Valeurs Ajoutées Éditions et préfacé par Pierre-Édouard Sterin, Des moutons menés par des ânes ? de Sébastien Laye est une observation et une critique d’un pays miné par la dette, la désindustrialisation, l’impuissance réformatrice et dresse le constat d’un modèle économique à bout de souffle. Dans cette interview, nous sommes allés à la rencontre de l’économiste qui appelle à rompre avec trente ans d’illusions technocratiques et à refonder une économie productive, fondée sur l’investissement, la stabilité et la souveraineté.

Quelle vision de l’éducation défendez-vous pour renouer avec l’excellence ?


Revenir aux fondamentaux et restaurer la méritocratie réelle. L’école doit d’abord transmettre les savoirs exigibles (lire/écrire/compter/raisonner, langue étrangère solide, culture scientifique) avant d’empiler des dispositifs. Cela implique des programmes resserrés, des exigences claires par cycle, des évaluations nationales lisibles, et la fin du « nivellement par le bas ». Il faut ensuite redonner de l’autonomie aux établissements — pédagogie, recrutement complémentaire, organisation du temps — avec une responsabilité nette des directions sur les résultats. Priorité à la voie techno-professionnelle et à l’apprentissage : une filière d’excellence, connectée aux besoins productifs, dotée d’équipements et d’enseignants valorisés, plutôt qu’un sas de relégation. Enfin, rehausser le statut des professeurs (sélectivité de la formation, progression au mérite, liberté pédagogique encadrée par des objectifs) et arrimer l’école au pays réel (entreprises, laboratoires, territoires) pour recréer la chaîne « connaissances → compétences → emplois ». L’éducation n’est pas un guichet social : c’est l’infrastructure première de la souveraineté et de l’ascension sociale, sans laquelle la France restera prisonnière de sa stagnation.

Moutons ânes©speedylife


Quelles leçons devons-nous tirer des pays qui ont réussi (Irlande, Suisse, Danemark) ?


Trois principes transposables ressortent. D’abord, la stabilité des règles du jeu et la prévisibilité fiscale-réglementaire : ces pays ont bâti des environnements où l’investisseur et l’entrepreneur savent à quoi s’en tenir, à rebours de l’instabilité française. Ensuite, la subsidiarité et la décentralisation effectives : la décision est prise au plus près du terrain, ce qui discipline la dépense, accélère l’exécution et rend les politiques évaluables. Enfin, l’articulation très serrée éducation-travail : orientation assumée, filières professionnelles d’excellence, apprentissage massif et perméabilité entre école et entreprise. Leur réussite n’est pas « miraculeuse » : elle procède d’institutions sobres et d’incitations pro-producteurs. La France peut s’en inspirer en menant ses propres réformes de structure (allègement bureaucratique, baisse des impôts de production, ouverture de la commande publique à l’innovation) et en rompant avec la tentation du « tout-État » qui dilue responsabilités et résultats.


Quel message souhaitez-vous adresser en priorité aux jeunes générations ?

Ne laissez personne vous expliquer que la France serait condamnée à la médiocrité administrée. Reprenez la main : formez-vous dur, entreprenez tôt, et exigez des dirigeants des comptes sur des résultats mesurables. Le pays a besoin de votre énergie dans l’industrie, l’énergie, le numérique, la recherche — pas d’un supplément de communication. Refusez le « clientélisme d’État » et réclamez des institutions qui récompensent l’effort, le risque et l’innovation plutôt que l’entregent. Exigez la liberté comme méthode (moins de normes, plus d’autonomie et de responsabilité), car c’est elle qui rend possibles l’ascension sociale et la prospérité partagée. La génération qui liera à nouveau liberté et libéralisme — au sens d’un ordre de règles simples au service des producteurs — pourra sortir la France de la stagnation et rendre sens à l’idée d’avenir.

Pour vous procurer le livre, cliquez ici.

N’hésitez pas à nous laisser un commentaire !

Laisser un commentaire