Total se lance dans les biocarburants d’huiles recyclées pour l’aviation

Le groupe pétrolier annonce qu’il investit plusieurs centaines de millions d’euros dans la production de biocarburants destinés à l’aviation et non issus d’huiles végétales mais de récupération de graisses animales et huiles de cuisson usagées.
Le secteur aérien attend un bond technologique écologique pour continuer sa croissance exponentielle. C’est tout le paradoxe d’une époque où le trafic a augmenté de façon constante alors qu’en parallèle tous les domaines sont soumis à des efforts pour limiter leurs émissions. Fort de constat et soumis aux mêmes pressions sur son évolution de modèle, Total annonce investir massivement dans les biocarburants pour l’aviation.
« Total a annoncé ce jeudi avoir entamé la production en France de biocarburants d’aviation durables (SAF), en ayant recours à des huiles de cuisson usagées. Le géant pétrolier et gazier pétrolier utilisera pour cela la bioraffinerie de La Mède dans les Bouches-du-Rhône et le site d’Oudalle en Seine-Maritime. Ces biocarburants aériens « seront destinés aux aéroports français dès le mois d’avril », ajoute Total, sans toutefois préciser lesquels. Le groupe doit par ailleurs produire à partir de 2024 170.000 tonnes de SAF sur son site de Grandpuits, en région parisienne, où il investit 500 millions d’euros, dont 200 millions pour les seuls biocarburants d’aviation » rapporte 20 Minutes.
L’intérêt de la stratégie de Total repose sur sa volonté de placer cette activité dans une logique de recyclage. « L’ensemble de ces biocarburants aériens durables seront produits à partir de déchets et résidus, issus de l’économie circulaire (graisses animales, huiles de cuisson usagées…). Total n’aura pas recours à des huiles végétales », assure la major.
« Le transport aérien s’est fixé pour objectif de réduire d’ici à 2050 ses émissions de CO2 de 50 % par rapport à leur niveau de 2005. La moitié des gains attendus dépend de l’utilisation de carburants d’aviation durables. Les SAF peuvent actuellement être mélangés à 50 % avec le kérosène d’aviation et l’industrie aéronautique vise 100 % d’ici à la fin de la décennie. Leur coût pour l’instant prohibitif empêche leur décollage. Ils représentaient en 2019 moins de 0,1 % des 360 milliards de litres de carburant utilisés par l’aviation. La feuille de route du gouvernement français prévoit de monter à 1 % en 2022, 2 % en 2025 et 5 % en 2030 » explique 20 Minutes.





