Chorale scolaire : bien plus qu’un savoir-faire musical !

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Chorale Scolaire Vincent Bruggeman
Chorale scolaire : bien plus qu’un savoir-faire musical ! © Speedy life

Si nous aimons tous saisir l’occasion d’écouter une chorale, que ce soit celle d’un neveu, d’un petit-fils, que ce soit un concert ouvert à tous dans une église ou encore à la télévision, nous ne nous rendons pas forcément compte qu’une chorale ne se résume pas à l’excellence dans le chant. Alors, qu’y a-t-il d’autre ? Réponse avec Vincent Bruggeman, ancien directeur de la Manécanterie des Petits Chanteurs à la Croix de Bois.

Acquérir le sens du collectif et apprendre à faire équipe

À part la maîtrise de l’art vocal, bien évidemment, que donne à ses jeunes membres la participation à une chorale ? « Faire partie des Petits Chanteurs à la Croix de Bois, cela développe à la fois le savoir-faire et le savoir-être », explique Vincent Bruggeman, qui a dirigé la Manécanterie des Petits Chanteurs à la Croix de Bois entre 2017 et 2022. En effet, la participation à une chorale inculque le sens du collectif et apprend à ses membres à faire équipe. « Faire partie d’une chorale, c’est travailler collectivement à faire du beau. On travaille tous dans une même finalité. Il s’agit de travailler pour quelque chose de plus grand, qui nous dépasse. Et on se soutient mutuellement. C’est comme dans un sport : il faut savoir écouter et faire avec son voisin », poursuit Vincent Bruggeman.

Savoir communiquer avec des gens différents de soi est un autre savoir-faire auquel on accède en faisant partie d’une chorale. « On a différents âges au sein d’un chœur. C’est une logique de cooptation : les aînés font progresser les plus jeunes », raconte Vincent Bruggeman. Et il ne s’agit pas uniquement de communiquer avec ses pairs, loin de là. Les Petits Chanteurs à la Croix de Bois, qui donnent 60 concerts par an à travers la France et même à l’étranger, logent toujours leurs chanteurs dans des familles d’accueil. Cette expérience de partage apprend aux garçons à être avec des gens de milieux sociaux différents.

Viser l’excellence tout en laissant l’enfant se développer selon ses capacités

Une pratique professionnelle du chant à un si jeune âge a-t-elle des travers ?

« Oui, bien sûr. Comme tout moyen éducatif, la pratique du chant peut être un chemin de crête. Par exemple, un jeune est un super soliste, un super chanteur, et un élève indiscipliné en mathématiques. Que faire ? Le valoriser pour sa pratique du chant ou, au contraire, le responsabiliser sur son comportement en mathématiques ? C’est un choix difficile pour un chef de chœur et pourtant ô combien important d’un point de vue éducatif », répond Vincent Bruggeman.

Que faisiez-vous dans ce cas-là ?

« L’éducation, c’est un travail d’équipe. Nous en parlions donc à plusieurs pour croiser les regards : responsable d’internat, chef de chœur, professeurs, responsable de vie scolaire, aumônier… Une décision était alors actée. De façon générale, nous valorisions la responsabilité du jeune dans sa droiture avec tous. »

À ce propos, quid des enfants qui, malgré tous leurs efforts, n’y arrivent pas vocalement ? « Si vraiment l’enfant n’y arrive pas, il peut toujours rayonner autrement, en faisant autre chose. Par exemple, avant les concerts, il faut installer le matériel. On peut lui dire : « Tiens, tu ne veux pas être l’ingénieur du son ? » », explique Vincent Bruggeman. « La musique n’est pas nécessairement la finalité. La finalité est toujours éducative. L’objectif, c’est de construire des individus épanouis », conclut Vincent Bruggeman.

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