Cancer du sein : la prise en charge des soins désormais renforcée

Le cancer du sein est à la fois le plus fréquent et le plus meurtrier chez les femmes en France. La grande avancée de cette loi repose sur l’élargissement des soins remboursés.
L’Assemblée nationale a adopté, le 28 janvier 2025, une loi visant à améliorer la prise en charge des soins liés au cancer du sein. Ce texte, porté par une coalition transpartisane et approuvé à l’unanimité, constitue une avancée significative pour les centaines de milliers de femmes confrontées à cette maladie chaque année.
Cancer du sein : Un parcours de soin encore trop coûteux pour de nombreuses femmes
Le cancer du sein est à la fois le plus fréquent et le plus meurtrier chez les femmes en France. Chaque année, plus de 60 000 nouveaux cas sont détectés, un chiffre en constante augmentation, notamment en raison d’un meilleur dépistage et d’un allongement de l’espérance de vie. Si le cancer du sein est reconnu comme affection de longue durée (ALD), permettant une couverture à 100 % par l’Assurance Maladie, le parcours des patientes reste semé d’embûches financières. Le Haut Conseil de la Santé publique estime que le reste à charge moyen pour une patiente atteinte d’un cancer du sein s’élève à 1 400 euros.
La fracture sociale dans l’accès aux soins est une réalité que cette loi entend corriger. Nombre de patientes en situation de précarité renoncent à certains soins pourtant essentiels à leur bien-être et à leur rétablissement, faute de moyens. En particulier, les actes liés à la reconstruction mammaire après une mastectomie peuvent représenter un investissement financier conséquent, notamment lorsque les chirurgiens appliquent des dépassements d’honoraires élevés. Face à ce constat, la loi récemment adoptée propose une refonte du système de remboursement, avec des mesures plus favorables aux patientes.
Une prise en charge renforcée pour alléger le fardeau financier
La grande avancée de cette loi repose sur l’élargissement des soins remboursés. Désormais, les prothèses mammaires bénéficieront d’un remboursement intégral, sans condition de ressources, alors que certaines patientes devaient jusqu’ici avancer des frais considérables avant d’être, en partie seulement, remboursées par leur complémentaire santé. Autre avancée significative, la dermopigmentation du mamelon et de l’aréole mammaire est officiellement reconnue comme un acte médical, permettant son remboursement par l’Assurance Maladie. Cette technique, bien que déterminante dans le processus de reconstruction, restait jusqu’à présent à la charge des patientes, qui devaient financer elles-mêmes ce soin finalisant leur parcours post-mastectomie.
Le texte prévoit également la création d’un forfait spécifique qui prendra en charge certains produits prescrits par les médecins, mais jusqu’alors non remboursés. Parmi eux, figurent les crèmes hydratantes pour soulager la sécheresse cutanée induite par les traitements, ainsi que les vernis protecteurs conçus pour prévenir la chute des ongles, une conséquence fréquente de la chimiothérapie.
En complément, la loi prévoit un meilleur remboursement des soins de support, souvent essentiels pour accompagner les patientes dans leur rétablissement. Le suivi psychologique, les séances de nutrition adaptées aux besoins des malades et l’activité physique encadrée par des professionnels de santé seront ainsi mieux couverts.
Encadrement des dépassements d’honoraires : un frein aux inégalités d’accès aux soins
Au-delà des soins remboursés, la loi apporte également un cadre plus strict pour limiter les dépassements d’honoraires pratiqués par certains chirurgiens spécialisés en reconstruction mammaire. Actuellement, ces interventions sont couvertes par l’Assurance Maladie, mais le montant des honoraires demandés par certains praticiens dépasse largement le tarif conventionné, laissant un reste à charge élevé pour les patientes. Résultat : près de 15 % des femmes concernées renoncent à la reconstruction mammaire pour des raisons financières, ce qui constitue une entrave à leur rétablissement physique et psychologique.
Pour mettre fin à ces pratiques, un plafonnement des honoraires médicaux sera négocié dans le cadre de la prochaine convention médicale entre l’Assurance Maladie et les professionnels de santé. Cette mesure permettra d’assurer un accès plus équitable à la reconstruction mammaire.






