Cantines scolaires : le plastique définitivement banni après une polémique

Tout commence avec la loi Egalim adoptée en 2018. Celle-ci prévoit qu’à compter du 1ᵉʳ janvier 2025, les cantines scolaires, universitaires et les crèches ne pourront plus utiliser de contenants alimentaires en plastique.
C’est une décision qui n’a pas été prise sans heurts. Après des mois de confusion et de bras de fer entre industriels, associations écologistes et gouvernement, l’interdiction totale du plastique dans les cantines scolaires a finalement été confirmée. Retour sur un imbroglio politico-environnemental…
Plastique dans les cantines scolaires : une interdiction qui semblait acquise
Tout commence avec la loi Egalim adoptée en 2018. Celle-ci prévoit qu’à compter du 1ᵉʳ janvier 2025, les cantines scolaires, universitaires et les crèches ne pourront plus utiliser de contenants alimentaires en plastique. L’objectif est clair : réduire l’exposition des enfants aux substances toxiques qui peuvent se libérer lorsque ces plastiques sont chauffés. Mais en janvier 2024, un décret d’application vient ajouter à cette interdiction les assiettes et les couverts en plastique réutilisable, ce qui provoque immédiatement une levée de boucliers du côté des industriels du plastique.
L’inquiétude grandit aussi parmi certaines collectivités qui s’interrogent sur la faisabilité financière et logistique d’un passage au tout inox ou céramique. Jusque-là, le gouvernement défend pourtant sa position en affirmant que cette mesure est nécessaire pour garantir une sécurité sanitaire optimale.
Une tentative de retour en arrière qui provoque la colère
Début 2025, l’exécutif met en consultation un décret destiné à faire marche arrière en autorisant à nouveau l’usage du plastique réutilisable. Cette volte-face est justifiée par plusieurs arguments. D’un côté, la réglementation européenne n’interdit pas ces matériaux et la France risquerait une sanction pour entrave au marché intérieur. De l’autre, certaines cantines, notamment celles en gestion privée ou situées dans des communes aux budgets serrés, alertent sur le coût de remplacement des équipements en plastique par des matériaux plus durables. À cela s’ajoute la question de la sécurité : pour les plus petits, le plastique réutilisable apparaît comme une solution pratique, évitant le risque de casse associé à la céramique ou au verre.
Mais l’opinion publique ne l’entend pas ainsi. En quelques jours, la consultation publique recueille près de 14 800 contributions, dont une écrasante majorité s’oppose au retour du plastique. Des associations écologistes dénoncent une tentative de reculer sous la pression des industriels et rappellent que les études scientifiques montrent que certains plastiques, même réutilisables, peuvent libérer des microparticules et des perturbateurs endocriniens dans les aliments. Face à cette mobilisation massive, le gouvernement est contraint de réagir.
Un revirement gouvernemental sous pression
Le 18 mars 2025, Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition écologique, annonce sur RMC officiellement l’abandon du décret correctif. Le plastique sera totalement interdit dans les cantines scolaires, sans exception. Pour éviter toute nouvelle ambiguïté, une loi sera déposée afin d’inscrire cette interdiction dans le Code de l’environnement et ainsi verrouiller définitivement cette mesure. La ministre reconnaît que la loi Egalim n’était pas assez précise et qu’il était nécessaire de clarifier la situation afin d’éviter toute faille juridique.
Le changement de position est radical. Alors que quelques semaines plus tôt le gouvernement semblait prêt à faire machine arrière, il se retrouve aujourd’hui à renforcer l’interdiction. Ce revirement s’explique en partie par la pression des citoyens, mais aussi par la crainte de voir cette affaire se transformer en crise politique.






