Antibiotiques : l’amoxicilline de retour en pharmacie

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Amoxicilline : les rayons de pharmacie sont réapprovisionnés en antibiotiques, après deux hivers de pénurie. © Pixabay

L’amoxicilline revient en pharmacie, mais ce retour masque un système pharmaceutique encore sous tension.

L’amoxicilline, l’un des antibiotiques les plus utilisés en France, est de nouveau disponible en pharmacie. Après des mois de pénurie, la situation semble s’améliorer. Mais ce retour en stock signifie-t-il vraiment la fin des problèmes ? Rien n’est moins sûr.

Un retour progressif à la normale pour les antibiotiques

Le 24 mars 2025, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a annoncé la disponibilité retrouvée de l’amoxicilline en pharmacie. Médicament le plus prescrit contre les infections bactériennes, cet antibiotique avait été au cœur d’une pénurie sévère depuis fin 2022, notamment dans ses formes pédiatriques.

Selon l’ANSM, « les approvisionnements sont réguliers et couvrent les besoins des patients ». La fin de l’hiver, marquée par un recul des infections respiratoires, a fortement réduit la pression sur la chaîne logistique. À cela s’ajoute une meilleure coordination entre les acteurs de la filière et des ajustements réglementaires qui ont porté leurs fruits. Les pharmacies ne seront plus contraintes de passer par les grossistes-répartiteurs : elles peuvent à nouveau s’approvisionner directement auprès des fabricants, ce qui devrait raccourcir les délais et fluidifier la distribution.

Autre mesure emblématique en passe d’être levée : les préparations magistrales d’amoxicilline pour enfants, mises en place pour pallier la rareté des formes commerciales. Leur disparition progressive confirme que les laboratoires ont reconstitué leurs stocks. Pour les professionnels de santé, cette étape marque un retour à des conditions de prescription plus sereines, sans bricolage ni contournement.

« Les formes pédiatriques, très attendues, sont elles aussi de retour », souligne l’ANSM dans sa communication officielle du 24 mars 2025.

Derrière les stocks reconstitués, un système encore fragile

Si la situation semble s’apaiser, les autorités sanitaires n’entendent pas baisser la garde. La crise de l’amoxicilline a mis en lumière une réalité plus large : celle d’un système d’approvisionnement vulnérable, tributaire de chaînes de production mondialisées. Une grande partie des principes actifs de nos médicaments est fabriquée en Asie. Résultat : la moindre perturbation en amont peut provoquer une onde de choc jusqu’aux comptoirs français.

L’ANSM prévoit d’ailleurs de réunir dans les prochaines semaines l’ensemble des acteurs du médicament — industriels, pharmaciens, associations de patients — pour dresser un bilan de la campagne hivernale et renforcer l’anticipation. En toile de fond, une question demeure : la France peut-elle sécuriser durablement l’accès à ses médicaments essentiels ?

« Si la situation venait à se dégrader, la remobilisation de ces mesures pourrait être envisagée », avertit l’ANSM.

L’amoxicilline n’est pas un cas isolé. D’autres antibiotiques, comme la clarithromycine — utilisée cet hiver dans la gestion de l’épidémie de coqueluche — ont également connu des tensions. Là aussi, les indicateurs s’améliorent. De même pour des médicaments hivernaux tels que le paracétamol ou les corticoïdes, dont les stocks sont jugés « suffisants pour couvrir les besoins ».

« La situation s’améliore progressivement », indique l’ANSM, tout en appelant à maintenir les recommandations de bon usage.

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