Découvert bancaire : attention aux frais minimums qui font mal

À ce jour, il n’existe pas de réglementation spécifique interdisant ou limitant directement les minima forfaitaires.
Le 8 avril 2025, l’UFC-Que Choisir a publié une étude qui attire l’attention sur une pratique peu connue mais très répandue dans les établissements bancaires français : les minima forfaitaires appliqués aux découverts bancaires. Ces frais peuvent peser lourdement sur les budgets serrés. Comprendre leur fonctionnement et connaître les solutions possibles permet d’éviter des mauvaises surprises et de mieux maîtriser ses frais bancaires.
Minima forfaitaires : qu’est-ce que c’est ?
Un découvert bancaire correspond à une situation dans laquelle le solde de votre compte devient négatif. Si ce découvert est autorisé par votre banque, il donne généralement lieu à des agios, c’est-à-dire des intérêts calculés en fonction de la somme empruntée et de la durée du découvert.
Mais dans certains cas, surtout lorsque le montant est faible (par exemple 10 ou 20 euros), les intérêts calculés sont si bas que certaines banques appliquent à la place un frais minimum fixe, appelé « minimum forfaitaire ».
Selon l’enquête de l’UFC-Que Choisir, ces frais sont actuellement appliqués par 40 établissements bancaires sur 86 analysés. Le montant varie d’une banque à l’autre, allant de 1,50 euro à 13 euros, avec un seuil d’application souvent situé à 400 euros de découvert. Autrement dit, même pour 1 euro de découvert, vous pourriez être facturé jusqu’à 12,50 euros, comme c’est le cas à la Banque Populaire du Sud.
Un impact fort sur les petits budgets
Ce type de frais peut représenter un coût élevé rapporté à la somme réellement utilisée. L’UFC-Que Choisir a calculé qu’un découvert d’1 euro pendant une semaine peut être facturé 10 euros, soit l’équivalent d’un taux d’intérêt annuel supérieur à 52 000 %.
Ces situations concernent particulièrement les personnes en situation de fragilité financière, souvent contraintes de recourir à un découvert ponctuel pour faire face à une dépense imprévue.
D’autant plus que ces minima forfaitaires s’ajoutent parfois à d’autres frais bancaires, comme :
- La commission d’intervention (jusqu’à 80 euros par mois) ;
- Le rejet de prélèvement (jusqu’à 20 euros) ;
- La lettre d’information pour compte débiteur (jusqu’à 15 euros).
Ce que dit la réglementation bancaire sur les découverts
À ce jour, il n’existe pas de réglementation spécifique interdisant ou limitant directement les minima forfaitaires. Les textes officiels (Ministère de l’Économie, Banque de France) imposent une information claire sur les frais bancaires, mais ne fixent pas de plafond pour ces montants forfaitaires en cas de découvert autorisé.
La Fédération bancaire française (FBF) rappelle que les banques doivent respecter des engagements de transparence et proposer des solutions adaptées aux clients fragiles, notamment à travers l’offre spécifique destinée à cette clientèle. Toutefois, l’application des minima forfaitaires reste laissée à l’appréciation de chaque établissement.
Comment éviter ces frais ?
Voici quelques conseils pour limiter ou éviter les frais liés aux minima forfaitaires :
- Vérifiez les conditions de votre autorisation de découvert
Consultez votre convention de compte ou interrogez votre conseiller pour connaître les conditions précises et les frais associés, notamment les montants minimums facturés. - Consultez régulièrement votre solde bancaire
En suivant vos opérations au jour le jour (via l’application mobile ou les alertes SMS), vous pouvez éviter de basculer dans le rouge même pour un petit montant. - Demandez une alerte de dépassement
Certaines banques proposent gratuitement des alertes lorsque votre solde approche du seuil critique. - Prévoyez un petit coussin de sécurité
Si possible, maintenez un solde minimum (par exemple 20 ou 30 euros) pour absorber une dépense imprévue sans passer en découvert. - Négociez une autorisation de découvert adaptée
Une autorisation formelle, même modeste (par exemple 100 euros), permet souvent d’éviter des frais élevés, à condition qu’elle soit bien utilisée. - Renseignez-vous sur l’offre spécifique « client fragile »
Si vous êtes souvent à découvert, votre banque peut vous proposer une offre encadrée par la loi, avec des frais plafonnés à 25 euros par mois. N’hésitez pas à vous renseigner. - Comparez les brochures tarifaires
Même si elles sont longues (jusqu’à 60 pages dans certains cas), ces documents contiennent toutes les informations nécessaires pour comparer les établissements. L’UFC-Que Choisir recommande d’y prêter une attention particulière.
Frais de découvert : comprendre pour mieux anticiper
Les minima forfaitaires appliqués aux découverts sont une réalité peu connue, mais qui peut avoir des conséquences importantes sur les budgets des ménages, surtout en cas de difficultés financières. En restant attentif à ses mouvements bancaires, en discutant avec sa banque et en utilisant les outils à disposition, il est possible d’en limiter l’impact, voire de les éviter.
Une bonne gestion de ses comptes passe par une information claire, une vigilance quotidienne et, parfois, un dialogue franc avec son conseiller bancaire.





