Contrôle des chômeurs : ce qui change au 1er juin avec France Travail

Fini les radiations automatiques pour une simple absence à un rendez-vous : dès le 1er juin, France Travail change les règles du contrôle des chômeurs. Quels critères seront désormais pris en compte ? À qui s’appliqueront les nouvelles sanctions ?
À partir du 1er juin 2025, les règles du contrôle de la recherche d’emploi changent. Fini le couperet automatique pour une simple absence à un rendez-vous. Place désormais à une appréciation plus globale de l’implication des demandeurs d’emploi. Une réforme majeure qui bouleverse l’approche historique de France Travail.
France Travail : une réforme pour éviter les radiations jugées « injustes »
Le contrôle de la recherche d’emploi (CRE), l’un des piliers de la politique de suivi des chômeurs, fait peau neuve. Objectif affiché : mieux distinguer les situations des demandeurs d’emploi réellement investis dans leurs démarches de ceux qui ne jouent pas le jeu. Jusqu’à présent, « l’absence à une convocation était gérée par un système de sanctions assez mécanique », a expliqué Jean-Pierre Tabeur, directeur du programme « Parcours d’accompagnement personnalisés » chez France Travail, lors d’un point presse, selon des propos rapportés par RTL.fr.
Une sanction qualifiée d’« assez rude » et parfois « injuste », car elle pouvait concerner des chômeurs « en recherche très active d’emploi », ajoute-t-il. Avec le décret qui entre en vigueur le 1er juin 2025, cette approche automatique laisse place à une procédure plus nuancée. Le nouveau dispositif introduit « une sanction dite suspension-remobilisation, qui sera en volume la plus utilisée, avec l’avantage de ne plus rompre la relation d’accompagnement », précise encore Jean-Pierre Tabeur. Concrètement, cette suspension impactera un pourcentage de l’allocation versée, mais sera levée si le demandeur d’emploi reprend activement ses démarches avec le soutien de France Travail.
Une stratégie de ciblage renforcée et un triplement des contrôles d’ici 2027
Derrière cette réforme se cache aussi une montée en puissance du nombre de contrôles. En 2024, France Travail a mené 610.780 contrôles, soit une hausse de 16,7% par rapport à 2023. Et le cap est fixé : 1,5 million de contrôles par an d’ici 2027, conformément à l’objectif annoncé par le Premier ministre Gabriel Attal. Cette ambition s’appuie sur une stratégie mixte, combinant tirages aléatoires (21% des cas), signalements par les conseillers (15%) et surtout contrôles ciblés (62%), en priorité sur les métiers en tension ou à la sortie de formation.
Le premier bilan de l’expérimentation menée depuis juillet 2024 dans huit régions (dont Auvergne-Rhône-Alpes, Bretagne et Hauts-de-France) se veut rassurant : les délais de traitement ont été réduits de 21%, soit environ 4,5 jours, sans hausse du taux de sanctions ni explosion des contestations. « Cette nouvelle procédure n’entraîne pas de dégradation de l’acceptabilité du processus au regard du taux de recours après sanction », souligne France Travail dans son communiqué du 25 avril dernier.
Le système repose désormais sur une analyse plus fine : les éléments tangibles laissés par le demandeur — candidatures, attestations, échanges — peuvent suffire à établir la réalité de sa recherche sans nécessiter d’entretien systématique. Une manière de « simplifier les actes métiers » et de recentrer le travail des 600 conseillers CRE sur l’accompagnement plutôt que sur l’administratif.





