Lorsque l’on parle de retraites, on pense d’abord à l’âge de départ ou au montant des cotisations. Pourtant, pour de nombreux français, ce sont les « droits familiaux et conjugaux » qui font la différence dans le montant final de la pension. Ces dispositifs, conçus pour compenser les interruptions de carrière ou le décès d’un conjoint, bénéficient majoritairement aux femmes. Le rapport du COR révèle leur poids financier important et suggère des évolutions qui pourraient transformer le quotidien de milliers de foyers.
Parents, enfants : comment vos trimestres « familiaux » comptent pour la pension
Si vous avez eu ou élevé des enfants, vous bénéficiez peut-être déjà de majorations de durée d’assurance ou de trimestres supplémentaires réservés aux parents. Le rapport du COR rappelle que ces droits sont conçus pour compenser les effets de la maternité ou de l’éducation sur la carrière. De fait, pour ceux qui ont interrompu leur activité ou réduit leur temps de travail pour s’occuper des enfants, ce « bonus » représente une aide au moment de la retraite.
Mais le rapport met aussi en évidence des disparités selon les régimes : ainsi, un parent fonctionnaire peut se voir attribuer deux trimestres par enfant, tandis qu’un salarié du privé peut en avoir jusqu’à huit pour le même motif. Cela signifie que, selon votre régime, vos droits sont très différents, et que les propositions de réforme pourraient modifier ces règles. Pour vous au quotidien cela veut dire : plus lisibilité nécessaire, et vigilance à ce que votre parcours familial ne devienne pas un handicap pour votre retraite.
Conjoints survivants et réversion : ce que vous devez savoir aujourd’hui
En cas de décès du conjoint, la pension de réversion peut constituer un soutien important pour le conjoint survivant. Dans le rapport, cette forme de droit conjugual figure parmi les éléments les plus coûteux du système (environ 38,7 milliards d’euros en 2024 selon Le Monde). Si vous êtes marié ou pacsé, ou vivez en couple, cette question peut concerner votre vie future : quel sera le niveau de pension, y aura-t-il condition de ressources ?
Le COR étudie la généralisation d’une condition de ressources pour l’accès à la réversion, ce qui pourrait limiter les bénéficiaires mais aussi alléger les dépenses. Pour un foyer modeste, cela pourrait signifier un changement dans les droits. Pour un couple actif, cela pourrait générer une réflexion sur le partage des droits et la protection du conjoint. En pratique, cela souligne l’importance de bien anticiper sa situation familiale, matrimoniale ou non, lorsqu’il s’agit de retraite.
Une réforme des retraites à venir : ce que vous pouvez faire dès aujourd’hui
Même si aucune réforme n’est arrêtée à ce jour, le rapport du COR ouvre une phase d’alerte pour les assurés. Il conseille de mieux connaître son régime de retraite, les droits que vous avez en tant que parent ou conjoint, et de vérifier votre relevé de carrière. Le fait de disposer d’une vision claire aujourd’hui peut éviter des surprises demain. Le rapport souligne que les règles actuelles « constituent un maquis », et qu’une simplification est nécessaire.
Pour vous, cela veut dire : conserver vos justificatifs d’interruptions ou de réductions d’activité liées à la famille, anticiper l’impact d’un décès ou d’une situation de couple sur votre pension, et envisager, si besoin, une consultation avec un conseiller en retraite. Ces petites démarches peuvent faire une différence non seulement dans votre niveau de pension, mais aussi dans la sérénité de votre retraite.
Enfin, au-delà des règles de calcul, le rapport du COR rappelle que les choix personnels jouent un rôle croissant dans la préparation de la retraite. Si les droits familiaux et conjugaux resteront financés par la répartition, de plus en plus de foyers complètent désormais leur parcours avec des produits d’épargne longue, qu’il s’agisse d’assurance-vie, de PER ou d’épargne salariale.
©speedylife
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