Les jeunes actifs et la retraite : la peur de ne rien avoir

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Retraites Medef
Le patron du Medef alerte sur les conséquences économiques catastrophiques pour la France que causerait un recul de l'âge à la retraite. | Speedy life

L’idée de réduire le montant des pensions pour garantir la viabilité du système est très largement rejetée, y compris par les plus jeunes.

Entre le 21 et le 24 février 2025, l’institut Toluna-Harris Interactive a mené une enquête auprès d’un échantillon représentatif de la population française, commandée par Hexagone, quelques jours avant l’ouverture du « conclave » sur la réforme des retraites. Les jeunes actifs, souvent absents du débat public sur le sujet, y livrent pourtant des perceptions et des opinions structurées.

Une compréhension encore floue du système actuel des retraites chez les jeunes

Selon les résultats de l’enquête, 56 % des Français se disent globalement bien informés sur le fonctionnement du système de retraite, un chiffre en hausse par rapport à 2018. Mais chez les moins de 25 ans, un décalage persiste. Plus d’un tiers d’entre eux pensent que le modèle français repose sur la capitalisation, alors qu’il fonctionne principalement sur un système de répartition, dans lequel les cotisations des actifs financent les pensions des retraités actuels.

Cette confusion souligne un besoin de pédagogie renforcée autour des principes de base du système. Elle reflète aussi un rapport plus distant au sujet, chez une population qui ne s’y projette pas encore pleinement, faute de visibilité sur les conditions futures.

Inquiétudes sur l’équité et le niveau des pensions

Les jeunes actifs se distinguent également par une forme de scepticisme marquée sur l’avenir du système. Près de deux tiers (66 %) disent ne pas avoir confiance en sa capacité à leur garantir un niveau de retraite satisfaisant. Un chiffre qui traduit une préoccupation concrète, bien loin de l’idée d’un désintérêt généralisé.

Ils sont également nombreux à estimer que le niveau de vie moyen des retraités est inférieur à celui du reste de la population, une perception qui alimente leur réticence face à certaines options de réforme. Ainsi, l’idée de réduire le montant des pensions pour garantir la viabilité du système est très largement rejetée, y compris par les plus jeunes.

Des préférences pour un modèle hybride entre répartition et capitalisation

L’étude met aussi en évidence l’intérêt croissant des jeunes pour un système de retraite plus diversifié. Un tiers des jeunes interrogés estiment que le modèle de 2035 reposera exclusivement sur la capitalisation. Un quart anticipent un maintien du système par répartition, et 64 % des Français, toutes générations confondues, misent sur un régime hybride.

Lorsqu’on les interroge sur leurs préférences, près de la moitié des répondants (48 %) se disent favorables à un système mixte combinant capitalisation et répartition. Cette option semble répondre à un besoin d’équilibre : sécuriser une base collective tout en autorisant des compléments individuels.

Une génération lucide sur les évolutions à venir pour la retraite

Sur la question de l’âge de départ, les jeunes actifs se montrent pragmatiques. Seuls 13 % des Français pensent qu’il pourrait être abaissé à 62 ans ou moins dans les dix prochaines années. Une hypothèse jugée très improbable, même parmi les sympathisants des partis de gauche. À l’inverse, plus de la moitié (53 %) estiment que l’âge légal sera porté à 66 ans ou plus.

Ces anticipations s’accompagnent d’un certain fatalisme : 59 % des sondés estiment que les jeunes générations auront des conditions de retraite moins favorables que les retraités d’aujourd’hui, et 15 % pensent qu’ils ne bénéficieront tout simplement pas de retraite.

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