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Amnesty international publie les conclusions d’un sondage sur la question des camps à Calais


Clarisse Rosius
Jeudi 27 Mai 2021




L’organisation Amnesty International a pris une initiative intéressante en sondant la population de Calais sur la question des camps pour migrants. Mais malgré quelques données intéressantes, l’ONG manque une occasion de poser le débat sérieusement en ne publiant pas l’intégralité des questions et des réponses posées.


Creative Commons - Pixabay

Les chiffres devraient être de la matière pour débattre. Mais pour que ce soit le cas, encore faut il qu’ils soient présentés dans leur contexte et accompagnés d’une méthodologie transparente. Malheureusement c’est en oubliant ces derniers aspects que Amnesty International passe à côté d’une occasion de débattre sereinement sur la question de l’accueil des migrants. 

 

« Les associations qui agissent à Calais auprès des personnes exilées, avec le soutien d'Amnesty International France, ont mandaté l'Institut Harris Interactive pour comprendre ce que ressent la population calaisienne après trente ans de crise humanitaire. Cette étude, publiée aujourd'hui, montre que les Calaisiens sont avant tout préoccupes par la crise économique et par la pauvreté. Elle montre aussi qu'ils perçoivent la crise humanitaire comme insoluble et que cette dernière a impacté négativement l'image de leur ville. Néanmoins, cette enquête dévoile qu'ils restent particulièrement sensibles à la détresse des exilés et qu'ils sont 76 % à trouver nécessaire le travail des associations qui leur viennent en aide. Pour ces dernières, l'étude se révèle donc riche en enseignements pour engager le dialogue avec les habitants de Calais par le biais d'actions d'information et de sensibilisation adaptées » explique le communiqué.

 

La démarche est intéressante parce qu’elle consiste à prendre la température dans la ville. Mais elle est aussi limitée car on ne comprend pas son objectif. Si le but est d’informer les associations sur la perception que les populations locales ont de leur travail, alors il est rempli. Mais si, comme le laisse supposer la communication des chiffres au grand public, il s’agit d’informer sur la situation de l’opinion publique locale, la démarche ne peut pas convaincre en l’état. Sans publication du questionnaire, de l’échantillon, des réponses sur les questions de sécurité, de qualité de vie ou autres aspects de la vie quotidienne, Amnesty passe à coté de l’occasion de débattre sur un sujet épineux. A trop confirmer ce que l’association répète depuis des années sans être transparent sur les chiffres, l’ONG tombe dans le même travers que le monde politique : faire des sondages des arguments d’autorité. 



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