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Chanel, la croisière des Mille et une nuits


Béatrix Foisil-Penther
Lundi 26 Mai 2014




À Dubaï, dans un cadre à couper le souffle, et avec des détails parfois un peu bling, pour son défilé croisière 2014-2015, Chanel revisite les Mille et une nuits.


Chanel à Dubaï
Des gratte-ciels en plein désert. Dubaï, la ville futuriste par excellence, née de rien, au milieu des dunes de sables, a accueilli le défilé croisière 2014-2015 de Chanel. Après Dior à New-York, et Vuitton à Monaco, la semaine dernière, c’était au tour de Chanel, de livrer sa vision de la croisière pour la saison prochaine.
 
Dans un cadre avant-gardiste : une île artificielle construite sur le Golfe persique, face au désert, sur fond de gratte-ciels qui jouent la surenchère, s’est déroulée une fable orientale revisitée par Karl Lagerfeld. Comme dans une oasis, se dressent des tentes de bédouins, des palmiers et un palais aux murs faits de moucharabiés qui entremêlent les deux C maison. Un édifice éphémère construit il y a deux mois, et sorti des sables, comme un miroir de Dubaï, ville qui n’existait pas il y a quarante ans, et qui, aujourd’hui, avec l’argent du pétrole, symbolise un des endroits les plus surprenants du globe. Si pour Karl Lagerfeld, il représente le futur et la nouvelle réalité, on peut être un peu plus old school, demeurer réservé devant cet urbanisme débridé, toujours plus, sorti du nulle part.
 
Pour en revenir à Chanel, en plein désert d’Arabie, les princesses des milles et une nuits modernes, défilent devant des cheikhs abasourdis. Si les clins d’yeux au désert sont présents, avec des sacs dorés matelassés, en forme de…jerricans, des sarouels XXL, des pantalons bouffants, des broches lune dans les cheveux et des babouches, c’est pourtant dans les archives du couturier Paul Poiret que Karl Lagerfeld est allé chercher son inspiration.

Des robes fluides, des plissés, de la mousseline de soie, des arabesques multico, du lamé, du doré, des diadèmes, des perles, les codes maison... Au final, des sultanes post-modernes assez éloignées des Emiratis d'aujourd'hui, mais sur un plateau, la vision de Karl Lagerfeld, « d'un Orient romantique et moderne, une réinterprétation des Milles et une nuits. » Un caravansérail en mouvement, comme un mirage sur l’île artificielle The Island. Faut-il être pincé pour comprendre que l’on ne rêve pas ?
 
 


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